La Compagnie maritime belge exploitera des navires à double carburation avec l'ammoniac à partir de 2024 pour ses plus grandes unités et prévoit d'alimenter ses plus petits navires avec de l'hydrogène.

À partir de 2024, les plus grands navires neufs de CMB seront équipés de moteurs dual fuel avec l'ammoniac, tandis que ses livraisons de navires pour 2023-24 seront configurés pour recevoir ultérieurement de l'ammoniac, a déclaré le PDG Alexander Saverys dans un interview à S&P Global Platts.

« Sur nos grands navires, nous pensons que l'ammoniac est le carburant de l'avenir, et nous ferons construire des porte-conteneurs, des vraquiers et des chimiquiers alimentés à l'ammoniac », soutient le dirigeant de la Compagnie maritime belge, qui possède et exploite 139 vraquiers, porte-conteneurs, chimiquiers et de navires de services (transfert d’équipage). 

Le dirigeant estime qu’il y a un différentiel de coût. « Tout le monde parle du GNL - et nous l'avons examiné au cours des 10 dernières années également - les coûts d'investissement pour un navire alimenté à l'ammoniac par rapport à un navire au GNL sont de moitié. C’est un petit investissement à faire pour avoir un navire à l'épreuve du futur. »

Cependant, reconnait-il, l'approvisionnement en ammoniac reste un problème dans la mesure où l'Europe « ne serait en mesure de produire qu'une petite partie de l'ammoniac vert nécessaire aux carburants marins » et qu'elle serait donc dépendante des importations de pays tels que l'Australie, l'Arabie saoudite, le Maroc et le Chili.

Moteurs à hydrogène

CMB prévoit d'alimenter ses plus petits navires avec de l’hydrogène-diesel, de sorte de pouvoir se rabattre sur le diesel si l’hydrogène n'est pas disponible. L’armateur attend de ce point de vue que les piles à combustible deviennent moins chères et plus fiables,

Début juin, la CMB, qui a signé avec le port d’Anvers un contrat d'affrètement de 10 ans pour son remorqueur, a ouvert à Anvers une station de ravitaillement en hydrogène pour les navires, les remorques, les voitures, les camions et les bus. Cette station a été construite par sa division Cleantech CMB.

L'électrolyseur de 1,2 MW peut fournir 450 kg/jour d'hydrogène, alimenté par l'électricité du réseau, en utilisant des garanties d'origine pour s'approvisionner en énergie verte. Les prix à la pompe de l'hydrogène sont actuellement de 10 €/kg dans toute l'Europe. Pour Alexander Saverys, il faudra le ramener autour de 3 € pour qu’il puisse s’imposer en alternative au diesel

Selon S&P Global Platts, le coût de la production d'hydrogène renouvelable par électrolyse alcaline en Europe était de 5,05 €/kg au 30 juin tandis que la production par électrolyse PEM était évaluée à 6,27 €/kg.

La rédaction

Photo : ©CMB