Pour le sixième mois consécutif, la fiabilité des horaires des navires s’est encore détériorée selon Sea-Intelligence, qui mesure mensuellement ce paramètre auprès de 60 transporteurs et sur 34 routes commerciales. 

En janvier, la problématique des retards sur la ligne régulière ne s’est pas vraiment améliorée. Pour le sixième mois consécutif, le respect du transit time, mesuré par Sea-Intelligence sur 34 routes commerciales opérés par les porte-conteneurs de 60 transporteurs, s’est établi à 34,9 %, la plus faible « performance » mensuelle depuis que le consultant maritime a introduit ce baromètre, en 2011. Par rapport à janvier 2020, la fiabilité des horaires est inférieure de 33,5 points de pourcentage. En conséquence, le nombre de jours de retard s’accroît atteignant 6,42 jours en janvier.

Par compagnies, Hamburg Süd s’affirme une nouvelle fois comme le transporteur le plus fiable, bien qu’avec un taux de respect des horaires faibles, à 46,5 % tandis que HMM a enregistré la plus forte baisse (- 53,3 %). Tous les transporteurs accusent des dégradations à deux chiffres. L'encombrement généralisé des ports et la demande toujours aussi soutenue – même le Nouvel an chinois ne l’a pas asséchée – ne plaident pas pour une amélioration de la situation. 

101 semaines pour compenser les pertes

L’analyste estime par ailleurs que la surchauffe des taux de fret pourrait perdurer encore un temps, au moins jusqu’au printemps prochain. Les taux vers les États-Unis pourraient encore augmenter de 25 %, indique-t-il, sur la base d’une analyse de l’évolution du SFCI, baromètre du transport maritime par conteneurs pour un grand nombre de routes maritime au départ du premier port mondial Shanghai. Cette rétrospective indique que « les fortes hausses ne sont jamais suivies de fortes baisses. »

Sea-Intelligence a également passé en revue les revenus par EVP sur plusieurs années, depuis février 1999, date à laquelle les revenus sont restés stables jusqu'en 2014, suivis ensuite d'une dégradation continue pour les conteneurs au départ d'Asie vers l'Europe du Nord ou les États-Unis. Les pertes au cours des six dernières années ont été telles que l’incroyable fièvre du second semestre 2020 ne les ont pas compensés.

Il faudrait, en réalité, selon ses calculs « 60 semaines avant que la différence cumulée depuis 2015 ne soit totalement ajustée » et 101 semaines pour compenser la perte pour le trade Asie-États-Unis. Mais contrairement à la ligne Asie-Europe du Nord, les taux devraient encore progresser, selon ses calculs, de 25 % sur le marché transpacifique.

À n’en pas douter, les chargeurs rêveraient, en ce moment, d’indexer le taux de fret sur la fiabilité des services… 

A.D.