Selon le cabinet de conseil en sécurité maritime Windward, un plus grand nombre de pétroliers russes n'émettent pas de signaux AIS pendant une période prolongée, ce qui suggère qu’ils aient pu être délibérément éteints. La tactique fait partie des techniques de contournement des sanctions iraniennes, vénézuéliennes et nord-coréennes. 

Avec la multiplication des sanctions et des embargos ont prospéré des techniques de fraudes et de contournement pour dissimuler les cargaisons illicites. Elles sont connues et parfaitement identifiées par les polices maritimes.

L’une d’entre elles, plébiscitée par les tankers iraniens, consiste à transférer en plein mer la marchandise proscrite sur un navire enregistré sous un autre pavillon et à couper les systèmes de localisation pour opérer les manoeuvres. Le système est en réalité plus sophistiqué. C’est ainsi qu’en dépit de l’embargo sur le pétrole iranien, la Banque centrale d'Iran a pu annoncer avoir vendu du pétrole pour une valeur de 18,6 Md$ sur le premier semestre 2021 alors que son or noir est frappé par les sanctions américaines.

33 événements « obscures » 

Les données du consultant Windward viennent corroborer les suppositions de plusieurs analystes selon lesquelles les négociants de pétrole russe cherchent à dissimuler leurs transactions privées. « Il y a eu un pic significatif d'"activité obscure" impliquant des pétroliers ayant des liens avec la Russie [détenus, exploités ou battant pavillon russe, NDLR].»

Windward pointe ainsi le fait que les signaux AIS des pétroliers n'ont pas été reçus pendant une période prolongée (plus de trois heures), ce qui indique que leurs émetteurs AIS ont pu être délibérément éteints. 

Selon les données du consultant, des événements de ce type, impliquant des transporteurs de produits russes, ont été relevés à 33 reprises la semaine dernière, soit plus du double que la moyenne enregistrée l'année dernière. Cependant, les transferts de navire à navire ne semblent pas être plus importants qu’avant. 

A.D.