Plus de 35 navires chargés de GNL attendent au large de l'Espagne et sur le pourtour de la Méditerranée, dont au moins huit ancrés dans la seule baie de Cadix, rapporte Reuters.

Les tarifs des méthaniers s’envolent. Les navires se font rares, sur-sollicités dans contexte de course au gaz depuis que le principal fournisseur de gaz à l’Europe, la Russie, a cessé en grande partie ses approvisionnements en représailles aux sanctions dont elle fait l’objet. Des dizaines de navires font désormais la queue au large des côtes espagnoles, incapables d'obtenir des créneaux de déchargement. Une « situation complètement exceptionnelle », ont expliqué des négociants et opérateurs de terminaux méthaniers à Reuters

L'arrivée massive des livraisons de GNL alors que la capacité de regazéification est à la peine à l'Europe est en train de créer une congestion inédite. Si l'arriéré n'est pas résorbé rapidement, ces navires pourraient commencer à chercher d'autres ports en dehors de l'Europe pour décharger leur cargaison.

Il y aurait actuellement plus de 35 navires en attente au large de l'Espagne et sur le pourtour de la Méditerranée. L’Espagne est le pays le mieux doté en Europe avec ses six terminaux méthaniers mais ils ne parviennent pas à absorber les flux, tous déjà réservés jusqu'à la première semaine de novembre.

Une troisième connexion gazière entre la France et l’Espagne

Dans un communiqué à l’intitulé explicite – « déclaration de situation opérationnelle exceptionnelle » –, l'opérateur du réseau gazier espagnol Enagas a déclaré qu'il pourrait être amené à refuser des déchargements en raison de la surcapacité de ses terminaux.

Selon les professionnels du secteur, la congestion a une autre explication : certains négociants attendent l'approche de l'hiver (qui dope la demande de chauffage) pour vendre à un prix plus élevé. ce qui accroît les tensions sur l’offre déjà resserrée.

Cette semaine, la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Portugal doivent se réunir pour tenter de trouver un accord sur le gazoduc MidCat qui pourrait transporter le gaz espagnol - et à l'avenir l'hydrogène - vers l'Europe centrale. Il s’agirait alors de la troisième connexion gazière entre la France et l'Espagne dont il est escompté qu’il contribue à la grande opération du moment : s’affranchir à tout prix au gaz russe.

A.D.