Selon Gibson Shipbrokers, les superpétroliers (VLCC) non équipés de scrubbers affichent actuellement les revenus les plus bas depuis plus de 20 ans sur la ligne maritime phare pour le transport de brut, du Moyen-Orient vers la Chine.

Les revenus au comptant des very large crude carrier (VLCC) de spécification inférieure (sans scrubbers, sans caractéristique ECO) n’ont pas connu une telle déflation depuis deux décennies. Dans son dernier rapport hebdomadaire, le courtier maritime Gibson indique qu’ils ont à peine gagné 500 $ par jour en moyenne sur le marché de référence TD3C au cours du premier semestre. Aucun des pétroliers n’échappe à la marée noire mais les VLCC sont ceux qui souffrent le plus sur le marché spot, gagnant même moins que même les handy/MR.

Selon Kpler, spécialiste des données sur les matières premières, au cours du premier semestre de l'année, les exportations totales de brut du Moyen-Orient, qui représentent la plus grande partie des échanges de VLCC, ont atteint une moyenne de 15,25 millions de b/j (Mb/j), soit une baisse colossale de 2,1 Mb/j par rapport au premier semestre 2020 et encore davantage par rapport au premier semestre 2019.

En cause, le taux d’équipement en scrubbers

Dans le même temps, 37 VLCC ont été livrés depuis juillet de l'année dernière et seules six unités ont été mises au rebut. Un déclin notable du stockage flottant des VLCC est également observé. 

Selon Gibson, un autre facteur pourrait expliquer la sous-performance des VLCC : l’équipement en scrubbers devient un critère de ségrégation. Près de 39 % de la flotte existante est équipée de ces dispositifs d’épuration des gaz d’échappement tandis que 5 % prévoient encore de s'équiper. Cette technologie devrait également être installée sur environ 34 % du carnet de commandes. La pénétration des EGCS est nettement plus faible sur les autres navires de la famille. 26 % de la flotte des suezmax en sont dotés tandis que 4 % sont programmés pour être équipés.

Les armateurs de pétroliers suspendus au bon vouloir de l'OPEP

+50$/t en un an

« Les navires équipés ont été en mesure de générer des rendements de plus en plus élevés en raison de l'augmentation des prix du pétrole et des combustibles de soute », les VLCC en profitant le plus en raison de la nature « longue distance » qui caractérise leur trade.

L'écart entre le HSFO et le VLSFO est passé d'une moyenne de 50-70 $/tonne à 110-120 $/t entre juin 2020 et 2021. Pour des VLCC équipés, la prime de gain sur TD3C a presque doublé, passant de 4 000 à 7 000 $/jour sur la période.

Après avoir enregistré un semestre exceptionnel il y a un an, les VLCC étant pris d’assaut stocker un pétrole qui ne valait plus rien, les exploitants de tankers ont touché le fond. Les tergiversations de l’Opep sur la production de pétrole n’aide pas. Les marchés pétroliers sont sur la sellette.

La rédaction

Photo : ©Teekay
 

 

 

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