La concertation publique, portant sur l'installation d'éoliennes flottantes en Méditerranée, est prévue du 12 juillet au 31 octobre. En débat : deux parcs de 750 MW chacun, soit une cinquantaine d'éoliennes par champ.

Le débat public, qui s’ouvre en Provence, concerne deux parcs de 42 éoliennes par champ chacun, dont la puissance (750 MW par parc) serait en mesure d’alimenter annuellement près de trois millions d'habitants, selon les pouvoirs publics. Pour rappel, l’État français vise 40 % d'énergie renouvelable en 2030 avec un objectif d’installation de 1 000 MW d'éolien offshore en plus par an.

Les sites à déterminer en Méditerranée ne peuvent être localisés que dans le golfe du Lion, entre Fos-sur-Mer et Perpignan, bande latérale traversée par les vents. La consultation publique doit permettre de débattre de nombreux sujets, le périmètre d’implantation certes, mais au-delà, leur pertinence, leur dimensionnement, les conflits d’usage, les perspectives économiques…

« Nous en sommes à 14 débats publics sur l'éolien en mer. Dès le premier en 2010, on avait dit qu'il en fallait un par façade. Là on y vient », indique à l’AFP Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP). Depuis dix ans, les questions sont souvent les mêmes, constate-t-elle : interrogations sur le bilan carbone, impacts paysagers et environnementaux. Et les études, toujours, manquent. 

En Méditerranée, trois parcs pilotes de trois éoliennes doivent voir le jour d'ici 2022-23, au large de Gruissan, Leucate et Fos. Les organisateurs du débat publieront une synthèse d’ici décembre. L'État devra y répondre d'ici mars 2022... peu avant l'élection présidentielle.

Posé ou flottant

Qu'il soit posé ou flottant, l'éolien en mer en France flotte. Avec 10 millions de km2 d'espaces maritimes (Outre-Mer compris), la France est au second rang de l’UE, derrière le Royaume-Uni, pour le potentiel éolien en mer. L’Ademe estime le potentiel pour l’éolien posé à 16 GW et à 33 GW pour le flottant. L’éolien posé en mer (éoliennes posées sur des fondations en béton et dont l’implantation nécessite le recours à des navires spécialisées, dans des zones peu profondes entre 5 et 40 m) a fait l'objet de plusieurs appels d'offres en France entre 2012 et 2014. Six projets devraient entrer en service entre 2021 et 2023. 

L’éolien en mer dans la version flottante est une technologie plus récente (bien qu'exploitée déjà en Europe) et concerne une implantation en mers profondes (à plus de 50 m de fond, le cas de beaucoup de mers du monde et a fortiori en Méditerranée), ce qui a supposé au préalable de résoudre quelques problématiques, la mer étant par définition un environnement hostile pour des « choses » en immersion, cumulant les risques d’usure, de corrosion, de bio-fouling, sans parler de la force des courants et tempêtes…. La plupart des opérations doivent être réalisées au port comme l’installation de l’éolienne sur le flotteur, avant d'être remorquée sur site pour être ancrée grâce à un système à câbles. 

Pour l’heure, l’éolien flottant en France est encore embryonnaire et se résume à des fermes pilotes. Mais un premier appel d’offres commercial a été lancé en mai par l’État, pour un parc en Bretagne (un champ de 250 MW, avant un autre de 500, au large de Belle-Ile-en-Mer et Groix), et un autre, en Méditerranée, celui qui fait l’objet d’un débat public tout l’été. Parmi les fermes pilotes annoncées en Méditerranée : le projet EolMed, 30 MW à 18 km de Gruissan (Aude), attendu en 2022. En 2023, ce sera les éoliennes du golfe du Lion, au large de Leucate, et Provence Grand Large face à Port Saint-Louis du Rhône.

Au niveau mondial, 80 % du potentiel de l’éolien en mer repose sur des technologies flottantes, selon l’Agence internationale de l’énergie. En Europe, un premier parc commercial (Hywind) a été inauguré en Ecosse en 2017, pour plus de 30 MW mais le Portugal et la Norvège sont aussi avancés sur des questions. 

La rédaction

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