L’explosion suivie d’un incendie au terminal d'exportation et de regazéification de GNL de Freeport, au Texas, fait craindre des tensions sur l'approvisionnement d'un marché mondial du gaz naturel déjà tendu. 

Freeport LNG, qui traite 18 % des exportations américaines de GNL, devrait être hors service pendant au moins trois semaines, ont indiqué les analystes à Reuters. Au Texas, sur l’île Quintana (104 habitants), à 100 km de Houston, l’ancien terminal de regazéification, converti en unité de liquéfaction, a subi une forte explosion la semaine dernière suivie d’un incendie qui aurait été rapidement été maîtrisé selon les autorités locales. Aucun blessé ni disparu n’ont été signalés. Les impacts en terme de pollution doivent encore être renseignés. 

Les contrats à terme sur le gaz naturel au Henry Hub américain ont perdu environ  6 % dans les échanges à la suite de l'annonce de la fermeture de Freeport LNG. Elle n'a pas beaucoup affecté les prix asiatiques, car la plupart des volumes sont destinées à l'Europe. En mars, Freeport a exporté environ 1,8 milliard de m3, dont environ 1,3 milliard de m3 vers l'UE et le Royaume-Uni. L’incident tombe mal car il coïncide avec des phases de maintenance programmées sur le Nord Stream 1 et le gaz norvégien. Cela n'aide pas à un moment où l'Europe doit compter davantage sur le marché du GNL pour son approvisionnement.

Les taux spot du GNL continuent d’augmenter à mesure que la disponibilité des navires se resserre, les tarifs d’affrètement pour le bassin atlantique étant estimés à 102 500 $/j le 9 juin, et ceux du Pacifique à 95 250 $/j, selon Spark Commodities. Les prix du GNL européen sont passés d'une situation de contango à celle de « backwardation » pour les livraisons de juillet après que Freeport LNG ait annulé les chargements de juin en raison de l'incendie. On parle de « backwardation » lorsque le prix du contrat à terme est inférieur au spot, ce qui pourrait conduire à utiliser les stocks comme source supplémentaire d'approvisionnement pour répondre à la demande.

Capacité de 20 Mt par an

Selon les analystes, l’incident va retirer près d'un million de tonnes de GNL du marché cet été, au moment du réapprovisionnement des stocks européens avant l'hiver. Début juin, les usines de GNL américaines consommaient environ 13 % de l'offre totale de gaz naturel américain, dont 2 % pour le seul Freeport LNG, société en commandite portée par Global Infrastructure Partners (Jera, le premier producteur d'électricité au Japon, a acquis 27,5 % du capital en novembre 2021). En reprenant le portefeuille de GNL de Toshiba, Total a hérité d’un accord de tolling d’une durée de vingt ans pour 2,2 Mtpa provenant du troisième train de liquéfaction. 

Les opérations du terminal ont démarré en 2019 pour le premier train de liquéfaction et janvier et en mai 2020 pour les trains 2 et 3. L’ensemble offre une capacité de 15 Mt par an (environ 20 milliards de m3). En mai 2019, Freeport LNG a reçu les autorisations de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) et du département de l'Énergie des États-Unis (DOE) pour un quatrième train qui permettra d'exporter 5 Mt de GNL supplémentaires par an, ce qui portera la capacité d'exportation totale de l'installation à plus de 20 Mt par an de GNL. Le train 4 pourrait être en exploitation commerciale dès 2025.

A.D.