La filiale de la banque russe Alfa Bank, spécialisée dans le financement des matières premières et le transport maritime, fait les frais des sanctions frappant son actionnaire.

Amsterdam Trade Bank a été déclarée en faillite par un tribunal de la capitale néerlandaise, impactée par les difficultés opérationnelles de sa maison-mère, Alfa Bank, incapable d'effectuer des paiements en raison des sanctions américaines et britanniques contre Moscou.

Le 6 avril, Washington avait annoncé des sanctions maximales contre les grandes banques russes Sberbank et Alfa Bank en leur infligeant un gel de tous leurs avoirs en contact avec le système financier américain. En revanche, ATB n'a pas directement fait l'objet de sanctions de l'Union européenne.

Selon des documents déposés à la Chambre de commerce néerlandaise, le bénéficiaire effectif de la banque est actuellement Mikhail Fridman, le milliardaire russo-israélien qui conteste les sanctions occidentales. Sa participation dans ATB serait supérieure à 25 % mais à moins de 50 %. L'Amsterdam Trade Bank a déclaré pour sa part qu'elle « condamn[ait] fermement l'invasion de l'Ukraine ».

40 % avec des actifs maritimes

La banque de financement des matières premières et de transport maritime pour des opérateurs dans les pays de la Communauté des États indépendants (CEI) avait prévu de se retirer du secteur du transport maritime et n'avait pas contracté de nouveaux prêts maritimes.

Mais 40 % de son portefeuille de prêts restent axés sur les actifs de transport maritime. Selon son rapport annuel 2020, le plus récent enregistré à la Chambre de commerce, ATB disposait d'environ 1,2 Md€ d’actifs et de 174 M€ de fonds propres. Amsterdam Trade Bank envisageait de se désengager du commerce pour évoluer vers une plateforme bancaire numérique à destination des PME européennes. 

La rédaction