Les équipes de sauvetage continuent d’opérer dans la baie de Gibraltar pour contenir les dommages engendrés par le choc entre un vraquier et un méthanier. Les opérations de pompage de l'eau de la salle des machines de l'OS 35 ont été amorcés le 3 septembre. Celles des cuves de soute a démarré. Une enquête officielle a été lancée.

La plupart des opérations portuaires et des activités (pêche) étaient encore suspendues à Gibraltar à l’issue du week-end suite à la collision, dans la baie de Gibraltar, entre un vraquier et un méthanier la semaine dernière. Trois « conseils d’urgence », présidés conjointement par le ministre principal Fabian Picardo et le gouverneur, le vice-amiral David Steel, se sont tenus au cours du week-end en présence des ministres en charge du port Vijay Daryanani et de l'environnement John Corte.

La zone d'exclusion autour du navire a été par ailleurs étendue pour permettre les opérations de sauvetage, de prévention et de contrôle de la pollution. La société Salvamento Maritimo, en charge du sauvetage, y a dépêché un cinquième de ses navires tandis que le pompage des soutes du vraquier OS 35 était en cours. Les craintes que le navire se brise en deux après que des fissures ont été décelées dans la zone de la cale numéro deux semblent toutefois se dissiper.

Barrage de confinement

L'opération visant à déployer un deuxième barrage de confinement autour du navire a été effectuée. Les opérations de pompage de l'eau de la salle des machines de l'OS 35 ont commencé en début d'après-midi le 3 septembre. « Une quantité suffisante d'eau a été pompée de la salle des machines pour stabiliser quelque peu la situation. Le navire n'est toutefois pas en mesure de fonctionner par ses propres moyens. Les machines du navire restent donc actuellement hors d'usage », a d’abord indiqué le gouvernement dans un communiqué avant d’annoncer une infiltration d'eau dans la salle des machines. Les systèmes du navire ne pouvant pas être utilisés en toute sécurité pour pomper le carburant, les sauveteurs ont dû s’en remettre à des systèmes indépendants, hors du navire.

Pompage lent

Le pompage du fuel lourd des cuves du navire endommagé – une opération lente « en raison de l'accumulation d'eau à l'intérieur qui pousse le carburant vers les conduits » –, était encore en cours le dimanche 4 septembre. Un total de 41 000 litres de carburant avait été extrait du réservoir 1. « Il y aura néanmoins des quantités résiduelles et, compte tenu de l'état d'effritement de certaines parties de la coque du navire, un suintement continu de petites quantités de matières polluantes est presque inévitable pendant la période où il restera sur place », prévient l’autorité ce territoire sous tutelle britannique. « Le déploiement de barrages flottants en couches successives autour du navire empêchera au maximum les infiltrations dans les eaux, mais ils ne constitueront pas une couche de confinement étanche, qu'il n'est pas technologiquement possible de mettre en place. »

Nettoyage à terre

À terre, des équipes de bénévoles, des ONG locales et le ministère de l'Environnement se sont relayés pour mener des opérations de nettoyage. Quelques taches d'huile ont été repérées à Gorham's Cave. Les associations ont en outre signalé que des goélands et mammifères marins avaient été souillés mais aucun n'a encore été découvert en situation de détresse pour le moment.

L’enquête sur les circonstances de l’accident a été ouverte. Le capitaine de l'OS 35 aurait signalé à l’autorité portuaire avoir heurté le méthanier tout en indiquant ne pas avoir subi de dommages importants. Le port l’aurait enjoint de s'arrêter, mais il aurait poursuivi sa route en mer, quittant la baie de Gibraltar et se dirigeant vers le détroit. Ce n'est qu'à ce moment-là que le capitaine a signalé que son navire prenait l'eau et les responsables du port ont estimé qu’il n’y avait pas d’autre choix que d’ordonner l'échouage du navire.

La rédaction