Avec la hausse des cours du brut, les économies réalisées en consommant du HFO dépassent à nouveau les 5 000 $/j pour les VLCC équipés, indique le courtier Gibson. Pendant la majeure partie de l’année 2020, elles n’avaient pas dépassé les 4 000 $/j.

C’est un fait. Plus les navires sont imposants mieux ils assimilent les scrubbers, ces systèmes d’épuration des gaz placés sur les cheminées des navires (EGCS). Sans la déroute des marchés pétroliers qui a, contre toute attente, resserré les prix entre les différents carburants, les scrubbers auront sans doute équipé bien plus de navires. Le différentiel entre le fioul à basse teneur en soufre (VLSFO) et le HFO (qui en dépit de sa teneur en soufre à 3,5 % peut être employé si le navire est équipé de scrubbers) est aujourd’hui trop faible pour espérer un retour sur investissement rapide. 

Fin 2019-début 2020, l’écart se situait en moyenne entre 250 et 300 $/t dans les principaux centres de soutage. La pandémie a perturbé les marchés si bien qu’il n’était plus que de 40 à 60 $/t entre avril et novembre de l'année dernière. Les économies réalisées en brûlant du HFO sont ainsi passées de 16 000 $/j en janvier 2020 à seulement 3 000 à 4 000 $/j pendant la majeure partie de l'année dernière, indique le courtier maritime Gibson dans son rapport hebdomadaire. « Les annulations ont toutefois été limitées en raison des obligations contractuelles avec les chantiers navals et les fabricants d'épurateurs ».

La tendance récente à la hausse des prix du pétrole pourrait donner un coup de main à la technologie et rassuré ceux qui ont investi, l'écart entre les carburants se situant désormais entre 80 à 100 $/t. Les économies réalisées dans ce cas dépassent les 5 000 $/j pour les VLCC.

Prévus sur 32 % des VLCC en commande

Selon Gibson, les dispositifs ont été largement exploités pour les VLCC (31 % de la flotte et 7 % en programmation) et les suezmax. En outre, ils sont prévus pour 32 % des VLCC en commande. Ainsi près de 40 % de la flotte des gros transporteurs de brut pourraient être dotés d'ici la fin de l'année.

Bien que les prix du pétrole reprennent de la vigueur, il ne faut pas pour autant à s’attendre à un regain d’intérêt prononcé, assure Gibson. « Les principaux fabricants ont signalé un ralentissement important des nouvelles commandes l'année dernière. À l'heure actuelle, la liste des ports, où ils sont interdits, s’allongent tandis que certains gouvernements préconisent un retrait progressif de la technologie à l’instar de l’UE voire à une interdiction pure et simple comme au Canada. »

Avec ou sans scrubbers, l’année a mal débuté pour les super pétroliers – VLCC et suezmax – mais aussi les aframax, dont les TCE [taux d'affrètement à temps équivalent] sont négatifs sur une ou plusieurs des routes de référence. Les déséquilibres entre l’offre et la demande risquent d’aggraver encore les conditions d’exploitation. En 2021, le marché devrait recevoir deux fois plus d’unités qu’en 2020. 

Les analystes s’accordent à dire que l’augmentation de la mise au rebut des pétroliers est inévitable. Braemar ACM note que 85 navires - 46 VLCC et 39 suezmax - sont actuellement âgés de 20 ans ou plus.

A.D.

Scrubbers : Le retour sur investissement s'allonge