L'ONG, qui contestait le permis accordé à BP pour forer le champ Vorlich, en mer du Nord, n’a pas obtenu gain de cause auprès de la justice écossaise. Elle ne désarme pas et est aussi en butte contre le projet de champ pétrolier de Cambo, au large des îles Shetland en Écosse, que le gouvernement britannique devrait également approuver. 

Les juges de la plus haute cour d'Écosse ont estimé que la décision du gouvernement britannique d'accorder l’exploration pétrolière en mer du Nord n’avait rien d’illégal, estimant qu'il n'était pas possible d'évaluer les émissions résultant de la combustion de l’extraction envisagée du pétrole et du gaz ni de démontrer formellement que le pétrole et le gaz ont un effet sur le changement climatique. Ils ont aussi tenu compte de la dépendance du pays aux énergies fossiles. Ils rejoignent en cela ce que Londres fait valoir. Le Royaume-Uni est actuellement confronté à la crise provoquée par la flambée des prix du gaz, dont le pays est fortement dépendant. Il ne produit que 48 % de son approvisionnement.

Le jugement indique par ailleurs que la question doit être tranchée au niveau politique et qu’elle ne relève pas de la justice. La défense de la compagnie britannique, l’une des plus cinq plus grandes majors européennes, avait fait notamment fait valoir devant le tribunal que les émissions dues à la combustion du pétrole extrait ne sont « pas pertinentes » pour contester l'octroi d'un permis d'exploitation pétrolière. L’association a déclaré qu’elle allait faire appel devant la cour surprême.

Autre projet à bannir, Cambo

En attendant, Greenpeace est investi sur un autre front, celui du projet de champ pétrolier de Cambo, au large des îles Shetland en Écosse, que le gouvernement britannique devrait également approuver. Le champ pétrolier de Cambo contient l'équivalent de plus de 800 millions de barils de pétrole, dont 170 millions devraient être extraits dans la première phase du projet. Il est détenu à 70 % par Siccar Point Energy, soutenu par la société de capital-investissement américaine Blackstone, et à 30 % par Shell UK.

La police britannique a arrêté le 11 août sept des militants écologistes de l’association, qui avaient organisé un sit-in en face de Downing Street à Londres. 

L'ONG estime que le pétrole extrait de Cambo dans sa première phase « produirait des émissions équivalentes à celles de jusqu'à 18 centrales au charbon pendant un an ». Cette action intervient à quelques semaines de l'ouverture du sommet international sur le climat COP26 à Glasgow le 31 octobre.

La rédaction