En partenariat avec la compagnie de pétrole saoudienne Saudi Aramco, le groupe sud-coréen va développer des projets dans la production d’hydrogène et d’ammoniac. Les deux partenaires envisagent de développer des navires pour transporter du CO2 et du GPL​

Hyundai Heavy Industries Holdings (HHIH) a signé le 3 mars un protocole d’accord avec Aramco pour coopérer sur un projet de production d'hydrogène, dans le cadre duquel la filiale de raffinage de HHIH, Hyundai Oilbank, importera du GPL des usines de la major pétrolière saoudienne afin de produire de l'hydrogène bleu. Les deux entreprises sont liées par ailleurs par des intérêts capitalistiques. La compagnie saoudienne a acquis une participation de 17 % dans la société de raffinage en décembre 2019.

Si l’hydrogène, en tant qu’élément, n’émet pas de carbone, sa production génère une grande quantité de gaz à effet de serre, ce qui annule ses vertus écologiques. Des développements sont en cours pour produire de l'hydrogène à partir des énergies renouvelables grâce à la technologie de l’électrolyse de l'eau. Actuellement, les fabricants d'hydrogène peuvent déjà produire de l'hydrogène dit bleu en « capturant » et en stockant le carbone émis au cours du processus de production (CSC).

Ammoniac bleu

Dans le cadre de cette collaboration, l’hydrogène bleu sera expédié vers les installations de Saudi Aramco qui l’injectera dans des champs pétrolifères épuisés. La Hyundai Oilbank prévoit, elle, d'établir 300 stations de recharge d'hydrogène d'ici 2040 dans toute la Corée du Sud. Elle s'est également engagée à recevoir de l'ammoniac bleu que produit déjà Aramco. 

La monarchie du Golfe a récemment annoncé la mise en service d'une usine d'ammoniac vert d'une valeur de 5 Md$, qui sera opérationnelle d'ici 2025. L'usine produira, à partir de l'énergie solaire et éolienne, 650 t par jour d'hydrogène et 1,2 Mt par an d'ammoniac vert. 

Des navires pour transporter du CO2, du GPL et de l’ammoniac

Les deux partenaires portent par ailleurs des projets de développement de navires pour transporter du CO2 et du GPL, qui seraient construits par Hyundai Heavy. Ce dernier planche aussi sur la conception de transporteurs d'ammoniac et de navires alimentés à l'ammoniac. Le chantier coréen est associé sur ce projet avec le motoriste MAN Energy Solutions et la société de classification britannique Lloyd's Register.

Aramco est aussi actif depuis deux ans du côté de l’automobile. Avec Hyundai Motor, grand constructeur sud-coréen, ils envisagent de développer des voitures à hydrogène.

La rédaction