L'Iran et la Chine ont signé un accord de coopération commerciale d’une durée vingt-cinq ans qui pourrait entraîner une augmentation des flux de pétrole de Téhéran vers Pékin.

Le texte de l'accord conclu le 27 mars entre l’Iran et la Chine à l’occasion d’une visite à Téhéran du ministre chinois des Affaires étrangères n'a pas été publié et peu d’informations ont filtré sur son contenu. L'agence de presse iranienne Tasnim a rapporté qu’il a pour objet d’offrir à la Chine un plus grand accès au pétrole iranien en échange d’investissements dans le secteur énergétique de Téhéran, énergies fossiles, renouvelables et nucléaires. 

Un document préparatoire à cet accord – en négociations depuis 2016 – avait fuité il y a quelques mois. Il y était question que Pékin investisse « 400 à 600 Md$ » en Iran en infrastructures, télécommunications et transports. La présence de militaires chinois sur le territoire iranien était envisagée pour encadrer les projets financés par Pékin, ainsi qu’un droit chinois de préemption sur les projets pétroliers iraniens. La Chine est un partenaire commercial de poids. Les échanges entre les deux pays s'élèvent à 18 Md$ au cours de l'année iranienne qui s'est achevée le 20 mars, selon l'agence de presse officielle Irna. 

Dissimulation des expéditions

La Chine a maintenu un certain niveau d'importations de pétrole en provenance d'Iran ces dernières années malgré les sévères sanctions américaines qui pénalisent lourdement les acheteurs de pétrole iranien et les mettent sur liste noire de l’administration américaine. 

Pour déjouer les surveillances internationales, des pétroliers contrôlés par des compagnies publiques iraniennes ont été accusés de désactiver leurs systèmes de suivi par satellite, dissimulant ainsi leurs expéditions. Le pays des Gardiens de la révolution islamique aurait également eu recours à des transferts de navire à navire pour vendre le brut iranien dans les ports du golfe Persique et dans certaines régions d'Asie du Sud-Est, en Malaisie ou en Indonésie.

Revenir à l’accord sur la non-prolifération nucléaire

La production iranienne de brut a augmenté au cours des derniers mois, atteignant 2,14 millions de b/j (Mb/j) en février selon la dernière enquête de S&P Global Platts. La société de datas Kpler estime que l'Iran exportera quelque 896 000 b/j de pétrole brut et de produits pétroliers vers la Chine en mars, contre 406 000 b/j en février.

La Chine exhorte les États-Unis à lever leurs sanctions contre l'Iran et à revenir à l'accord nucléaire JCPOA que Donald Trump avait dénoncé à peine arrivé au pouvoir. La nouvelle administration du président Joe Biden a indiqué sa volonté de réintégrer l'accord sous certaines conditions. 

A.D.

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