Alors que les tensions sur l’approvisionnement en gaz sont maximales dans un contexte de guerre économique entre la Russie et l’UE, la CGT a annoncé le 27 juin un blocage des terminaux méthaniers et stockages souterrains de gaz pendant une semaine, a rapporté l’AFP.

Dans un contexte de tensions sur les approvisionnements en énergie et de flambée des prix, la CGT a annoncé une semaine de blocage des terminaux méthaniers qui « empêcheront les entreprises extérieures d'accéder aux sites » avec pour conséquence d’interrompre les travaux en cours. « Cela pèsera fortement sur les capacités des terminaux méthaniers et stockages souterrains à émettre du gaz sur le réseau pendant l'hiver prochain », avertit la Fédération nationale des mines et de l'énergie (FMNE-CGT) dans un communiqué. Le syndicat réclame une augmentation de salaires et la revalorisation des pensions pour les salariés des industries électriques et gazières (IEG). 

« En l'absence de réponse à la hauteur, cela risque d'être vraiment difficile de remplir à 100 % les stockages souterrains de gaz et de rendre opérationnel à 100 % les terminaux méthaniers », ajoute la fédération, qui fait référence à la demande émise jeudi dernier par la Première ministre. Élisabeth Borne a annoncé que la France comptait remplir ses réserves de gaz à près de 100 % d'ici à l'automne. Pour ce faire, Élisabeth Borne demande aux opérateurs de stockage d'acheter eux-mêmes du gaz, en complément des achats effectués par les fournisseurs de gaz. Les stockages de gaz sont remplis à 59 % actuellement, contre 46 % à la même date l'an passé. Par ailleurs, la France ne dépend de la Russie « que » pour environ 17 % de son gaz.

TotalEnergies, Engie et EDF : alerte sur la pénurie de gaz

Coupures ciblées

Selon le gestionnaire du réseau GRTgaz, la France pourrait faire face à un arrêt total des livraisons de gaz russe dans le cas d'un hiver normal. En cas de froid « intense ou tardif », il faudrait toutefois recourir à des coupures ciblées chez certains gros consommateurs.

La semaine dernière, dix États membres de l'UE ont émis une « alerte précoce », soit le premier des trois niveaux de crise définis dans les règlements européens en matière de sécurité énergétique. « L’alerte précoce », qui rapproche ces pays un peu plus des mesures de rationnement, précède « l’alarme », permettant théoriquement aux services publics de répercuter les prix élevés sur les consommateurs pour faire baisser la demande. « L'urgence », elle, force l'industrie à réduire ses activités pour économiser du gaz. Berlin, dont les réserves sont estimées à 58 %, prévoit d’activer cette semaine le deuxième niveau, qui signifiera donc un rationnement entre particuliers, administrations et industrie.

Dans le JDD du dimanche 26 juin, les dirigeants de TotalEnergies, Engie et EDF ont appelé à la sobriété énergétique de tous, particuliers, administrations et entreprises. En clair, à moins consommer ce qu’ils vendent. Inédit. 

A.D. 

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