La Chine profite de la faiblesse de l’activité de raffinage, de celle de la demande et des exportations de carburants raffinés pour constituer des stocks. Surtout à prix cassés.

La Chine augmente discrètement ses achats de pétrole russe à prix cassés, selon des traders alors que l’activité manufacturière au ralenti en raison des confinements, la faiblesse de la demande intérieure et la limitation des exportations de carburants raffinés lui permettent de reconstituer ses stocks.

La Chine, premier importateur mondial de pétrole brut, a ajouté environ 2 millions de barils par jour (b/j) aux stocks de pétrole en avril, selon les données officielles. Une hausse par rapport aux 610 000 b/j environ qui ont gonflé les stocks commerciaux ou stratégiques en mars. Selon les calculs de Reuters, ils atteindraient autour de 960 000 b/j (sur les quatre premiers mois de l’année).

Plusieurs rapports de courtiers indiquent en outre que la Chine négocie actuellement l'achat de brut russe pour renforcer sa réserve stratégique de pétrole, profitant d'énormes remises alors que les acheteurs occidentaux sont contraints de bouder le pétrole russe à la suite de l'invasion de l'Ukraine par Moscou.

1,1 Mb/j de pétrole russe par voie maritime

D’après les données de Reuters, Les importations de brut se sont établies à 10,47 millions de barils par jour (Mb/j) en avril, tandis que la production intérieure a été de 4,14 Mb/j, soit 14,61 Mb/j disponibles pour les raffineries, dont le débit est évalué à 12,61 Mb/j en avril soit 2 Mb/j de moins que ce dont ils disposaient.

La Chine devrait augmenter légèrement ses importations de brut en mai par rapport au niveau d'avril, Refinitiv Oil Research estimant les flux entrants à 10,53 Mb/j, en hausse par rapport aux 10,47 Mb/j du mois précédent. Il est probable que le mois de mai verra également l’activité des raffineries se rétablir quelque peu, étant donné les signes de réouverture progressive de Shanghai et d'autres villes.

Les importations chinoises de pétrole russe par voie maritime atteindront, elles, un niveau quasi record, de 1,1 Mb/j en mai, contre 750 000 b/j au premier trimestre et 800 000 b/j en 2021, selon une estimation de Vortexa Analytics.

Un différentiel de 29 $

Unipec, la branche commerciale du premier raffineur d'Asie, Sinopec, serait en tête des achats, avec Zhenhua Oil, une unité du conglomérat de défense chinois Norinco, selon des rapports de courtiers maritimes. Livna Shipping, une société enregistrée à Hong Kong, est citée par les traders et Reuters comme l'un des principaux importateurs de pétrole russe en Chine.

Le faible prix du pétrole russe – les différentiels au comptant sont d'environ 29 $ de moins par baril qu'avant l'invasion, selon les traders – est une aubaine pour les raffineurs chinois, qui doivent faire face à des marges réduites dans une économie en ralentissement. 

La Chine reçoit en outre quelque 800 000 bpj de pétrole russe via des oléoducs dans le cadre d'accords gouvernementaux. 

La rédaction