La phase opérationnelle du système d’échange de quotas d’émissions chinois à périmètre national a été lancée. Programmé dès décembre 2017, il prend le relais des premiers projets pilotes locaux. La Chine ambitionne d’atteindre le pic de ses émissions de CO2 en 2030.

Début février, le « marché carbone » chinois à périmètre national a été lancé. Programmé dès décembre 2017 par la National Development and Reform Commission (NDRC), mais placé aujourd’hui sous la responsabilité du nouveau Ministry of Ecology and Environment de la République Populaire de Chine, il a pris le relais des premiers sept projets pilotes locaux (municipalités de Pékin, Shanghai, Chongqing, Tianjin, Shenzhen, provinces du Hubei et du Guangdong) lancés en 2013, auxquels se sont ajoutés deux autres en 2016 (provinces du Sichuan et du Fujian).

​Le système national d'échange de quotas d'émission (Emission Trading System,ETS) de la Chine, attendu depuis longtemps, va prendre place en milieu d’année, avait assuré en janvier un responsable du Shanghai Environment and Energy Exchange dans une interview au Securities Times.

Atteindre le pic en 2030

Après avoir été retardé à plusieurs reprises, le marché carbone est passé en tête de l'agenda du gouvernement en écho à la promesse du président Xi Jinping de porter les émissions de carbone de la Chine à un pic avant 2030 et d'atteindre la neutralité carbone vers 2060 comme il s’y est engagé lors de l’assemblée générale de Nations Unies le 22 septembre 2020.

Selon la trame initiale des accords de Paris signés en 2015, le dispositif devait couvrir en premier lieu les plus grandes entreprises émettrices de gaz à effet serre dans les secteurs les plus énergivores : électricité, pétrole, métaux ferreux, métaux non ferreux, produits minéraux non métalliques, chimie, papier et aviation. Au sein de ces secteurs, toutes les entreprises émettant plus de 26 000 t équivalent CO2 sont concernées, soit un total d’émissions correspondant à près de la moitié des émissions nationales chinoises. Une deuxième phase, élargissant le spectre de secteurs, devait démarrer dès 2020.

2 225 sites concernés dans un premier temps

Dans un premier temps, L’ETS chinois ne devrait concerné que le secteur électrique, encore largement dépendant du charbon, et qui représente à lui seul environ 40 % des émissions d’équivalent CO2 de la Chine. Ce sont ainsi dans les 2 225 sites qui doivent être ainsi ciblés, représentant environ 4 milliards de tonnes de gaz à effet de serre émis annuellement en moyenne (plus du double de l’ETS européen).

Selon une récente enquête du China Carbon Forum, les représentants des parties prenantes s’attendent à un prix de démarrage du carbone compris dans une fourchette de 34 à 80 yuans (4,35 à 10,23 €) la tonne d’eqCO2 quand le prix sur l’ETS européen avoisine les 38 € actuellement. Il devrait se situer entre 10,49 à 22 € la tonne d’eqCO2 à l’horizon 2030.

Il est estimé que jusqu'à 200 millions de tonnes d'émissions pourraient être échangées une fois qu'il sera lancé.

La rédaction

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