Au cours des quatre premiers mois de l’année, la capacité des pétroliers envoyée à la casse a déjà atteint le niveau de démantèlement de 2019 et de 2020.

Dix transporteurs de pétrole brut et trente-huit de produits pétroliers sont sortis de la flotte depuis le début de l’année selon l’organisation maritime internationale BIMCO. Soit une capacité de 2,7 Mtpl extrait du marché.

Il y a encore un an les exploitants de pétroliers connaissaient une divine période, les navires pris d’assaut pour stocker le pétrole dont plus personne ne voulait en raison d’une économie mise sous cloche. Avant de sombrer dans le marasme en septembre. Depuis, ils s’y enlisent, excepté de légers frémissements en lien avec le tempo des campagnes de vaccination. « Les navires sont démolis lorsque les revenus sont faibles et qu'une hausse n'est pas en vue dans un avenir proche, rappelle Peter Sand, analyste en chef des transports maritimes de BIMCO.

Recyclage des navires : la tonne de ferraille s'affole

En 2019 et 2020, l’équivalent de 1,2 Mtpl avait été envoyé à la ferraille. Si la tendance actuelle se poursuivait jusqu'à la fin de l'année, le recyclage des pétroliers « se dirige[rait] vers un record de 11 ans ». La mise au rebut des navires représenterait alors 2,1 % de la flotte active, soit 10 Mtpl.

« Si le marché spot continue de se vider de son sang pendant une année supplémentaire sans réelle amélioration des bénéfices, la démolition s'accélérera en 2022 », ajoute l’analyste.

Le prix élevé de la tonne de ferraille ces dernières semaines – en raison d’une pénurie – n’est sans doute pas pour rien dans la situation. Il a atteint le 7 mai au Bangladesh le niveau record de 520 $ la tonne. De fait, un VLCC de 22 ans, acheté pour 70 M$, peut rapporter 21 M$ à la ferraille. 

La rédaction

Photo : ©Euronav