Le projet d’« hydrogénoduc » destiné à transporter de l'hydrogène vert à horizon 2030 entre Barcelone et Marseille sera élargi à l'Allemagne, a annoncé le 22 janvier le président français Emmanuel Macron.

L’annonce a été faite à l'occasion du 60e anniversaire du traité de réconciliation entre Paris et Berlin. L'accord « renforce la dimension paneuropéenne de H2Med » et permet à l'Espagne de « devenir une plaque tournante de l'énergie verte de la péninsule ibérique vers l'Europe centrale et du Nord », a indiqué le ministère espagnol de l'énergie dans un communiqué.

D’une capacité de 2 Mt par an dans un premier temps, soit 10 % de la consommation européenne prévue à cette date, le projet, qui prévoit le développement d'une interconnexion entre le Portugal et l'Espagne (Celórico-Zamora) ainsi qu’un gazoduc maritime  (dit « BarMar ») entre Barcelone et Marseille, nécessitera un investissement estimé à quelque 2,5 Md€ dont une partie sera apporté par des fonds européens.

Relations franco-allemandes tendues

Ce projet fait suite à l’abandon annoncé le 20 octobre du gazoduc MidCat, projet défendu par Berlin. Cette annonce avait fait l’effet d’un camouflet infligé à Berlin alors que les relations entre le couple franco-allemand étaient particulièrement tendues.

Lancé en 2003, gelé depuis 2019, le projet MidCat (abréviation de Midi-Catalogne), visait à relier les réseaux gaziers français et espagnol via un pipeline de 190 km d'Hostalric, au nord de Barcelone, à Barbaira, à l'est de Carcassonne, en passant par les Pyrénées. Défendu par les deux pays ibériques, ce gazoduc devait permettre à l'Espagne, qui possède 30 % des capacités européennes de regazéification de GNL, d'exporter du gaz venu des États-Unis ou du Qatar vers le reste de l'Europe. 

A.D.

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