L'Autorité du canal de Suez prend les devants afin d’enrayer une nouvelle désertion. Le gestionnaire de l’infrastructure égyptienne réduit de moitié ses droits de passage pour les VLCC en provenance d'Europe et en direction d’Asie.

C’est le retour des promotions et cette fois elles s’adressent spécifiquement à ses premiers clients, les tankers et transporteurs de produits pétroliers. Ils le sont devenus à la faveur d’un désintérêt manifeste des porte-conteneurs, qui, le temps d’une crisen ont mis le cap sur Bonne-Espérance pour éviter d’avoir à payer les onéreux péages mais aussi pour profiter d’un pétrole, qui au prix où il était alors offert, autorisait les grands détours. Les blank sailing ont aussi poussé la flotte inactive à des niveaux records, ce qui n’a pas fait les affaires de l’infrastructure égyptienne. Les VLCC chargés d'Europe vers l'Asie pourront, à compter de décembre et jusqu'à la fin du mois de mai, bénéficier d'une réduction de 48 % lors du passage.

Le geste commercial est bienvenu alors que les exploitants de pétroliers font face à des taux de fret complètement déprimés alors que la saison hivernale est traditionnellement une saison de pointe. La seconde vague, qui impose à nouveau blocages et restrictions, n’incite guère à l’optimisme.

Selon l’organisation internationale d’armateurs, BIMCO, les grands navires du segment LR 2 peuvent s'attendre à des taux moyens d'environ 7 416 $/j tandis que les LR 1 sont estimés à 6 147 $/j. Autant dire que c’est bien en deça du seuil de rentabilité.

Avec un fuel au plus bas, les routes maritimes peuvent se repenser

Politique commerciale agressive

Le canal est devenu commercialement plastique ces derniers mois. LAutorité du canal de Suez (SCA) s’est montrée particlièrement réactive pour endiguer l’érosion aux premiers signaux d’alerte en accordant des ristournes qu’elle a prolongées ensuite mais sans vraiment que cela soit concluant pour stopper la désertion.

Canal de Suez : les porte-conteneurs ont déserté mais pas les tankers

Une année de rabais

La SCA avait accordé dès le 30 mars une réduction de 6 % sur les droits de passage pour les navires en provenance d'Europe du Nord et de Méditerranée vers les destinations asiatiques, mais la première salve de rabais se révélant insuffisante pour endiguer la désertion de la clientèle, elle avait accordé de nouvelles ristournes, allant jusqu'à 75 %, pour les unités se dirigeant vers l'Est à partir de la côte est de l'Amérique du Nord. Les navires transportant du vrac liquide en direction de l'Asie à partir de l'Algérie, de Tanger et de l'Europe du Nord ont ensuite bénéficié d'une réduction de 17 % tandis que ceux vers le nord-ouest de l'Europe n’ont eu droit qu’a un rabais de 6 %. Les gestes commerciaux accordés aux vraquiers et aux navires-citernes, initialement prévues jusqu’au 30 juin, ont ensuite été étendus jusqu’à la fin de l’année.

A.D.