Quatorze navires sur 65 mesurés ont été estimés en infraction par rapport aux normes réglementaires sur les carburants marins.

Pour contrôler les émissions des navires dans les eaux françaises, le ministère de la Mer a déployé en septembre un drone renifleur de l'Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) dans le détroit du Pas-de-Calais, une des voies de navigation les plus fréquentées au monde avec une moyenne de 400 navires par jour. La France était le dernier pays en date à avoir rejoint le programme de surveillance. Basé au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) du Cap Gris-Nez, entre Boulogne et Calais, le drone de 150 kg de fabrication autrichienne a achevé le 18 décembre sa campagne de surveillance de trois mois.  

Les émissions d’oxyde de soufre rejetés par les gaz d’échappement des cheminées des navires étaient particulièrement visées. Pour rappel, la Manche et la mer du Nord figurent parmi les zones d’émissions contrôlées (ECA). La teneur en soufre des carburants marins ne peut pas excéder 0,1 % (alors que le plafond est fixé à 0,5 % depuis le 1er janvier 2020 sur toutes les mers et océans de la planète, excepté dans les zones ECA). 

Les gaz d’échappement des navires surveillés par drone

Le ministère de la Mer vient d’en communiquer le bilan : sur les 65 navires marchands mesurés, 14 ont été estimés « potentiellement en infraction, et 11 d’entre eux ont pu être inspectés au prochain port d’escale ». Les données mesurées par le drone ne suffisent pas à caractériser l’infraction aux règles de l’OMI, raison pour laquelle des contrôles sont réalisés à la prochaine escale. 

Ils n’ont toutefois pas permis de confirmer des infractions. Outre d’offrir un « outil de ciblage aux inspecteurs en charge du contrôle par l’État du port », le drone a également apporté son soutien lors de quatre opérations de recherche et de sauvetage en mer. 

Le ministère de la Mer ne précise pas si cet emploi sera systématisé.  

A.D.