Faisant fi de l’embargo international contre l’Iran, le Hezbollah chiite pro-Iran a concrétisé ce qu’il avait promis en août : l’acheminement de pétrole iranien au Liban. La pénurie de carburant entraîne des coupures d’électricité courantes. La crise énergétique menace les hôpitaux.

Un groupe « classé terroriste » s’embarrasse peu des sanctions internationales. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait annoncé en août le départ d'un navire iranien chargé de carburant vers le Liban et des dizaines de camions-citernes transportant du pétrole iranien sont arrivés à la mi-septembre depuis la Syrie pour être déchargés dans les stations-service de l'entreprise pétrolière appartenant au mouvement chiite pro-Iran. Les sanctions américaines interdisent pourtant à l'Iran d'exporter son pétrole.

Washington a dénoncé, par le porte-parole du département d'État Ned Price, « une opération de communication » du Hezbollah alors que la pénurie de carburant frappe les centrales électriques du pays et les générateurs de quartier, plongeant la population dans l'obscurité pendant de longues heures. La crise énergétique menace par ailleurs les hôpitaux et leurs équipements.

Pas de sanctions

« Le pétrole d'un pays soumis à de nombreuses sanctions comme l'Iran n'est vraiment pas une solution durable à la crise énergétique du Liban », a indiqué le représentant américain qui n'a toutefois pas évoqué d'éventuelles sanctions américaines contre le Liban. Le porte-parole de Washington a même rappelé que le président Joe Biden était favorable à une levée des sanctions contre l'Iran si Téhéran revenait à la table des négociations pour raviver l'accord nucléaire international signé en 2015.

Pour rappel, en mai 2018, l’Amérique de Donald Trump avait dénoncé l’accord multilatéral conclu en 2015 entre l’Iran et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) et interdit à toute entreprise traitant avec Téhéran de faire du business aux États-Unis. Le couperet s’applique aux opérations portuaires, au transport maritime, à la construction navale et au négoce de pétrole depuis novembre 2018.

Entré en vigueur début 2016, le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) avait mis un terme à un vieux contentieux sur le nucléaire devait garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien en soumettant le pays à un strict contrôle de ses activités en contrepartie de la levée partielle et progressive des sanctions économiques internationales.

De son côté, le Premier ministre libanais, Najib Mikati, dont le gouvernement a été formé le 10 septembre après 13 mois de vide politique, déplore une atteinte à la souveraineté libanaise.

La rédaction