Lors d'une audition de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale ce 28 janvier, le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire semble considérer que Chantiers de l'Atlantique pouvaient très bien vivre sans Fincantieri. Une petite phrase qui avait toutes les chances de devenir rapidement virale, avec pour objet de désamorcer une éventuelle crise dans le cas où Bruxelles s'opposerait à son rachat par l'italien Fincantieri.

« Je vais être très clair avec vous : si la Commission européenne refuse ce projet, les Chantiers de l'Atlantique ont désormais la capacité de voguer seuls », a tenu à rassurer le ministre français des Finances lors d'une audition de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale ce 28 janvier. « Je ne sais quelle décision prendra la Commission européenne (...), mais je n'ai pas d'inquiétude sur ce sujet ». Et Bruno Le Maire de rappeler que le groupe français avait des « commandes jusqu'en 2027 ».

La Commission européenne a ouvert en octobre une enquête approfondie sur le rachat des Chantiers de l'Atlantique par Fincantieri, qui pourrait nuire, selon elle, à la concurrence dans la construction navale. En décembre, elle a envoyé un document au groupe italien où elle exprimait ses craintes quant à l'impact d'un tel rachat sur l'évolution du marché et des prix.
Fincantieri a indiqué le 23 janvier qu'il allait répondre d'ici mi-février aux griefs de Bruxelles concernant le rachat des Chantiers de l'Atlantique et a défendu le bien-fondé de l'opération pour l'industrie européenne. Le 10 janvier, la Commission a repoussé la date butoir de sa décision sur ce rachat au 17 avril.

La rédaction