Le 46e président des États-Unis a déjà signé une trentaine de décrets, dont certains ne sont pas sans conséquences pour le transport maritime et les activités offshore.

Officiellement investi le 20 janvier, le successeur à la Maison Blanche de Donald Trump est un président hyperactif. Joe Biden a déjà signé une trentaine de décrets. Certaines décisions en matière de politique environnementale ne sont pas passées inaperçues. La première fut symbolique : le retour des États-Unis à l'accord de Paris sur le climat. Ces dernières heures, le président démocrate est allé plus loin en prenant une série d’initiatives le rapprochant de son objectif d'abandon progressif des énergies fossiles, et d'une neutralité carbone dans le secteur énergétique d'ici 2035 et dans l'ensemble de l'économie d'ici 2050. 

Il a ordonné le gel de l’octroi de nouvelles concessions pétrolières et gazières sur les terres fédérales, non sans courage politique : elles ont généré 11,7 Md$ de revenus pour le gouvernement américain en 2019, selon les chiffres du département de l'Intérieur. Il s’est engagé à doubler la production d'énergie éolienne en mer d'ici 2030 et a promis la tenue au printemps d'un sommet international sur le climat. 

Le président américain doit par ailleurs présenter au Congrès le mois prochain son plan de 2 000 Md$ pour le climat. 

Préférence américaine

En matière maritime, avec le Congrès et le Sénat aux mains des démocrates, les discussions sur un système d'échange de quotas d'émission devraient s'accélérer.  Il vient enfin de signer un décret qui cautionne le Jones Act (priorité aux entreprises et produits nationaux dans les marchés passés avec l’État fédéral) pour soutenir l’industrie manufacturière américaine.

L’ordonnance exigera que les marchandises expédiées entre les ports américains soient transportées sur des navires construits, détenus et exploités par des citoyens ou des résidents permanents des États-Unis. En plus d'inciter les agences fédérales à acheter des produits fabriqués aux États-Unis, elle devra inciter tous les systèmes de transport, maritime et aérien compris, à se mettre au vert.  

« Dans le cadre du plan de relance Build Back Better, nous allons investir des centaines de milliards de dollars dans l'achat de produits et de matériaux américains pour moderniser nos infrastructures », a déclaré M. Biden. « Cela signifie de l'acier et des technologies de fabrication américaine pour reconstruire nos routes, nos ponts, nos ports, et les rendre plus résilients face aux facteurs climatiques. Cela signifie de se déplacer plus rapidement, moins cher et plus propre et de transporter des marchandises de fabrication américaine à travers le pays et dans le monde entier, ce qui nous rendra plus compétitifs ». 

En mer, le nouveau gouvernement américain a déjà envoyé plusieurs avertissements à la Chine sur son expansionnisme en mer de Chine. La nouvelle administration n’apparaît pas, sur ce plan, en contraste avec la politique de fermeté affichée par son prédécesseur à l'égard de la seconde puissance économique mondiale.

A.D.
 

Photo : ©DR