Les importations nord-américaines de marchandises conteneurisées en provenance d'Asie ont grimpé en flèche en février pour atteindre 1,62 MEVP, soit une augmentation de 100 % par rapport au point bas du même mois l'an dernier. Alimentés par les mesures de relance américaines, les volumes circulant sur la route transpacifique à destination des consommateurs et des entreprises d'Amérique du Nord ont ainsi défié toutes les lois de l’ordinaire. Février est traditionnellement un mois terne. Les grèves déclenchées dans les ports de la baie de San Pedro par les chauffeurs routiers ne vont pas apaiser les tensions.

À peine intronisé, Joe Biden, le nouveau président démocrate des États-Unis a déjà fait des « miracles » dans le transport maritime par conteneurs. Les mesures de relance économique américaines ont dopé la consommation des Américains et contrarié les cycles. En temps normal, le moins de février correspond à une morne saison en raison de l'impact du Nouvel An lunaire chinois, les exportations asiatiques décélérant en raison de la fermeture des usines pour les vacances.

« Si vous demandez aux ports de la côte ouest américaine de la baie de San Pedro, ils vous diront que cette augmentation massive des volumes est une arme à double tranchant. L'activité surcharge les chaînes logistiques dans et autour des ports, tant à terre qu'en mer, explique Peter Sand, analyste en chef des transports maritimes du Bimco, fédération internationale d’armateurs la plus représentative du secteur. Et si vous interrogez les compagnies maritimes, elles vous diront que la demande est spectaculairement forte mais qu'elle crée aussi de multiples perturbations de leur côté, notamment dans les ports d'importation. »

Encore 25 navires en attente dans la baie de San Pedro

Il y a quelques mois encore, une quarantaine de porte-conteneurs attendaient de pouvoir accoster au large de Los Angeles et de Long beach. Il y en avait encore 25 le 12 avril. « Certains porte-conteneurs attendent jusqu'à quatorze jours avant d'accoster. En raison de la congestion à l'intérieur des zones portuaires, le nombre total de jours à quai peut s'étendre à 10-12 jours. Le temps de rotation de trois semaines, de l'arrivée au mouillage au départ du terminal, est peut-être aussi le plus lent jamais enregistré », assure Peter Sand.

Les grèves annoncées par le syndicat Teamsters, représentant les chauffeurs routiers des ports de Los Angeles et de Long Beach, vont exacerber les tensions. Selon le site web du syndicat, les entreprises affiliées à Universal Logistics Holdings (ULH) dans les ports « ont illégalement licencié des chauffeurs routiers, refusé des arriérés de salaire et de négocier avec les partenaires sociaux ».

Le 17 mars, le National Labor Relations Board avait déposé une plainte contre les entreprises affiliées à ULH, ayant constaté au cours de son enquête plus de 20 violations du droit du travail fédéral. La date du procès est fixée au 14 juin. Compte tenu de la congestion actuelle des ports californiens, les chauffeurs routiers espèrent que leur grève permettra de trouver une issue plus rapidement...

A.D.

Sur le même sujet