L'opérateur britannique de plateformes offshore, Awilco Drilling, tenterait de résilier un contrat de construction d'un semi-subsersible confié à Keppel. Un engagement de 425 M$. ©Keppel offshore

Le fonds public d’investissement de Singapour, Temasek, a étonnamment retiré sa proposition d’investir 3 milliards de dollars singapouriens dans le chantier naval en difficulté Keppel. Ce dernier n’aurait pas rempli une des conditions essentielles de cet accord contracté au deuxième trimestre.

La société d'investissement publique singapourienne a dénoncé son offre visant à monter au capital de Keppel Corp., la société mère du chantier naval offshore Keppel Offshore & Marine, au prétexte que le chantier en grande difficulté avait violé un des termes de l’accord. En octobre dernier, Temasek s’était en effet engagé à acquérir une participation supplémentaire de 30 %, ce qui aurait lui aurait conféré le contrôle avec 51 % au total. La transaction d’une valeur de 3 milliards de dollars singapouriens (1,8 Md€) exigeaient que la perte de Keppel n’excède pas 400 M$ (246 M€). Or, le constructeur spécialisé dans l’offshore a enregistré une résultat déficitaire de 500 M$. 

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Ses dirigeants ont néanmoins estimé qu’il ne pouvait s’agir d’une violation de l’accord négocié dans la mesure où le déficit est principalement lié à une dépréciation de 670 M$ (412 M€) en raison de la baisse de valeur des avoirs de Keppel Offshore & Marine. Sans cela, l'entreprise aurait enregistré un bénéfice de 160 M$ (98 M€). 

« L'offrant a décidé d'invoquer la condition préalable [de rentabilité] et, en conséquence, annonce aujourd'hui que l'accord ne sera pas poursuivi » a déclaré Keppel dans un communiqué, qui coninue d’affirmer qu’il dispose « d'un bilan solide et du soutien d’un réseau de banques pour financer les opérations de croissance du groupe »

Keppel Marine and Offshore a été confronté à une épidémie de Covid touchant ses travailleurs étrangers dans son chantier naval de Singapour. Alors que les premiers cas ont été détectés le 2 avril, le site n'a été déclaré officiellement fermé que le 5 août.

Keppel doit également contrer une tentative de l'opérateur britannique de plateformes offshore, Awilco Drilling, de revenir sur un contrat de construction d'un semi-subsersible de 425 M$, le futur Nordic Winter. Les relations sont tendues entre les deux parties prenantes. Awilco – qui peine à effectuer un paiement échelonné pour la plateforme et cherche à obtenir des remboursements – a allégué que Keppel avait rompu son contrat. Keppel a averti qu'il pourrait demander une nouvelle indemnisation si Awilco ne règle pas son prochain versement.

La rédaction