Une semaine après la désignation par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) d’Omicron comme une nouvelle « variante préoccupante », 56 pays ont déjà réimposé des restrictions de mobilité. Pour éviter les précédents qui ont entravé les marins et les employés des transports, les principales organisations internationales du transport et les syndicats représentant les secteurs routier, aérien et maritime appellent les gouvernements à une « approche coordonnée ». 

L'IATA, l'Association internationale du transport aérien, l'ICS, la Chambre internationale de la marine marchande, l'IRU, l'Union internationale des transports routiers, et l'ITF, la Fédération internationale des ouvriers du transport, ont conjointement appelé les gouvernements « à tirer les leçons des deux dernières années. »

Depuis le début de l’épidémie, les organisations syndicales patronales et salariales ont multiplié les initiatives pour assurer la liberté de mouvement des travailleurs du transport international, entravés dans l’exercice de leur mission par les restrictions de voyage et les mesures de quarantaine imposées par les gouvernements. À chaque résurgence de l’épidémie, ces personnels subissent la réintroduction de contrôles plus stricts aux frontières et doivent composer avec les mesures administratives décidées par les gouvernements dans un entre-soi.

Garantie de circulation

Au plus fort de la crise, près de 400 000 marins sur le 1,65 million du monde entier avaient par exemple dépassé leur période de service (plus de 11 mois), piégés sur les navires, et autant étaient coincés chez eux, incapables de les relever (estimation de la Chambre internationale de la marine marchande). L'adoption le 1er décembre 2020 par l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution en faveur des marins n’a pas significativement amélioré la situation. Cette avancée faisait suite à une kyrielle d’actions menées par les grandes organisations représentatives du secteur, notamment pour que les gens de mer soient éligibles au statut de « travailleurs clefs » et de publics prioritaires dans les campagnes de vaccination en priorité afin qu’ils puissent transiter sans contraintes et en toute sécurité.

Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a désigné la nouvelle souche Omicron comme une « variante préoccupante » et que 56 États ont déjà réintroduit des restrictions, les organisations craignent le retour « de l'approche précipitée et fragmentée des règles de voyage ». 

Franchir les frontières sans entraves

Elles portent plusieurs revendications : la circulation libre et sûre des travailleurs du transport ; la désignation en tant que publics prioritaires aux vaccins ; l’adoption de protocoles et règles élaborés avec les professionnels du secteur et sous l’égide des autorités de tutelle et organisations de représentation, OMS (santé), OIT (travail), OMI (transport maritime) et OACI (transport aérien) ; la mise en oeuvre de certificats de vaccination numériques, harmonisés au niveau mondial et reconnus mutuellement ; des titres de santé internationaux pour franchir les frontières sans difficulté.

A.D