Les paquebots de plus de 180 m, 25 000 t de jauge brute ou dont les émissions contiennent plus de 0,1 % de soufre, ne pourront plus accoster dans la Cité des Doges.

La présence des navires de croisière sur les voies navigables de Venise est un débat au long cours qui a pris une nouvelle tournure le 25 mars dernier lorsque le gouvernement a décidé d'interdire « temporairement » le transit par le canal de Giudecca qui longe la célèbre place Saint-Marc et d'autres lieux historiques. Les paquebots étaient alors invités à se rendre au port industriel de Marghera situé à une quinzaine de kilomètres de la ville.

La mesure temporaire vient d’être convertie en usage définitif. Les paquebots de plus de 180 m, 25 000 t de jauge brute ou dont les émissions contiennent plus de 0,1 % de soufre, ne pourront plus accoster dans la Cité des Doges, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Les navires de croisière plus petits (environ 200 passagers) pourront continuer d'accoster au cœur de la vieille ville. 

L’escale se fera désormais à Marghera, sur la partie continentale de la ville, où des aménagements seront réalisés avec une enveloppe dédiée de 150 M€.

400 M€ de chiffre d’affaires

C’est un dossier sur lequel milite depuis longtemps les associations de l'environnement et du patrimoine culturel, qui n’ont eu de cesse de dénoncer les impacts sur le fragile écosystème de sa lagune. 

Dario Franceschini, le ministre de la Culture et du patrimoine, a voulu ainsi « éviter le risque concret d'une inscription de la ville sur la liste du patrimoine en péril ». Les organismes consultatifs de l'Unesco ont en effet proposé cette inscription fin juin et le Comité du patrimoine mondial doit statuer lors de sa réunion en Chine du 16 au 31 juillet. 

Selon les données diffusées, la croisière génère un chiffre d’affaires de 400 M€ par an et 5 000 emplois directs et 90 000 avec les emplois indirects. Le terminal est actuellement exploité par une société dont Global Ports Holding et les compagnies Carnival, MSC Croisières et Royal Caribbean sont actionnaires.

La rédaction

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