Nouvel objet de rivalité entre l’UE et La Russie. Selon le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, les navires de guerre russes bloquent les vraquiers remplis de blé et bombardent les stocks pour qu’ils ne puissent pas être exportés.

Le plus haut diplomate de l'Union européenne a accusé Moscou de cibler les céréales ukrainiennes en bombardant les stocks et en entravant la libre circulation des « navires remplis de blé ». Cette déclaration a été faite à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg, au cours de laquelle il a été question de mettre fin à la dépendance de l'Europe à l'égard du pétrole et du gaz dans le cadre d'un sixième train de sanctions.

Depuis le début de l'invasion russe, les approvisionnements en provenance de la région de la mer Noire ont marqué une pause et les principaux importateurs de blé ont cherché des sources d'importation bon marché pour répondre à leur demande intérieure. La région de la mer Noire représente environ 26 % du commerce mondial du blé, selon le ministère américain de l'Agriculture. La Russie a exporté 26 Mt de blé à ce jour pour la campagne de commercialisation 2021-22 (juillet-juin) et l'Ukraine autour de 18 Mt.

Les principaux pays acheteurs de blé de la mer Noire – l'Égypte, la Turquie et l'Indonésie –, sont les plus touchés par les perturbations des flux. Selon les acheteurs cherchant des alternatives aux cargaisons ukrainiennes et russes, les expéditions de céréales depuis les ports de la mer Noire ont lentement repris, notamment depuis Constanta en Roumanie et Varna en Bulgarie, sur des supramax. « Mais les volumes de céréales sont nettement inférieurs aux exportations de céréales ukrainiennes et russes que nous avions l'habitude de voir », indique un courtier.

Par voie ferroviaire

D’autres assurent que les céréales ukrainiennes prennent le train vers des ports de Roumanie et de Bulgarie, puis sont ensuite acheminées via la mer Noire sur des supramax vers leur destination finale.

Les exportations de céréales depuis l'Ukraine ont été stoppées par l’invasion de l’Ukraine par la Russie dès le 24 février. Dans les jours qui ont précédé l'invasion, l'activité commerciale en mer Noire s'était intensifiée, les exportateurs se pressant de faire sortir des volumes du pays. Selon les évaluations de S&P Global Commodity Insights, le 23 février, le transport de 60 000 t de céréales entre Odessa et Qingdao s'était négocié à 48 $/t, soit une hausse de plus de 13 % par rapport au 14 février.

La rédaction