Selon Bimco, l'association professionnelle internationale qui fédère les armateurs et propriétaires de flottes (2/3 du tonnage mondial), le taux de fret des transporteurs de pétrole brut, du Moyen-Orient vers l'Asie, ont doublé en réaction aux attaques de pétroliers dans le détroit d'Ormuz

Entre le 13 et le 20 juin 2019, les taux de fret entre Golfe persique et la Chine s'affichaient à la hausse, à 101 %. L'affrétement d'un VLCC (2 millions de barils de pétrole) aurait atteint sur cette route 25 994 $/jour le 20 juin, leur plus haut niveau depuis mars et bien au-dessus de la moyenne de 9 979 USD par jour en mai, indique l'association qui représente les armateurs au niveau mondial. Pour autant, les tarifs ne s'affichent que légèrement au dessus du seuil de rentabilité journalier d'un VLCC, qui s'élève en moyenne à 25 000 €/j.

En revanche, les taux de fret au comptant pour un LR2 (transportant des produits pétroliers propres comme le naphte) n'ont pas connu les mêmes évolutions : les pétroliers transportant 0,5 Mb de condensats de naphte du Moyen-Orient au Japon n'ont augmenté que de 4 % la même semaine.

« La grande majorité des propriétaires de pétroliers poursuivent plus ou moins leurs activités comme si de rien n'était, bien qu'ils aient renforcé leurs mesures de sûreté et de sécurité. Il n'y a pas eu d'exode important du marché », assure Bimco. Parmi les précautions prises, l'association mentionne l'accélération de la vitesse dans les passages clés du détroit d'Ormuz, ou le fait d'éviter de le traverser la nuit.

Le surcoût des mesures de sécurité et l'augmentation des primes d'assurance, qui auraient fortement augmenté, signifient que les armateurs devront non seulement faire face à des risques plus élevés, mais aussi à des coûts plus élevés lorsqu'ils commercent dans la région, poursuit le porte-parole de l'association. Le secrétaire général de l'association, Peter Sand, rappelle qu'il est « vital pour le commerce mondial de l'énergie que le détroit d'Ormuz reste accessible et sûr pour la navigation des navires. Tant que les tensions ne s'intensifient pas, il est peu probable que les attaques aient un effet plus profond », estime-t-il, tout en se disant préoccupé par les risques d'escalade, non encore écartés. 

La rédaction