Les courtiers spécialisés dans le transport des matières premières Mercuria et Trafigura estiment que les sanctions américaines sur l'Iran pourraient coûter quelque deux millions de barils de pétrole brut par jour sur le marché, conduisant les prix à atteindre jusqu'à 100 $ le baril d'ici la fin de l'année. J.P. Morgan prévoyait une réduction de l'offre légèrement plus faible de 1,5 million de b/j et une hausse des prix de 85 à 90 $ le baril.

Le retrait des exportations pétrolières iraniennes de l'approvisionnement mondial s'ajoutera à d'autres perturbations du marché, comme le déclin de l'industrie pétrolière vénézuélienne, les perturbations dans les terminaux pétroliers libyens et le blocus des installations d'Exxon au Nigeria. Ces problèmes d'approvisionnement ont déjà contribué à porter le prix du pétrole à près de 80 dollars le baril après 2014, selon Reuters.

Les observateurs notent par ailleurs que la Corée du Sud a déjà stoppé les importations de pétrole en provenance d'Iran, et l'Inde aurait également fait valoir la réduction de leurs achats à la National Iranian Oil Company (NIOC). 

Les membres européens de l'accord nucléaire iranien (JCPOA) gagent sur le fait les acheteurs étrangers continueront à acheter le pétrole de Téhéran, dépit de l'opposition américaine. Toutefois, malgré cette tentative de passage en force, les analystes prévoient que les importations en provenance de grands clients iraniens comme la Chine, l'Inde et le Japon diminueront d'environ un million de barils par jour d'ici novembre, lorsque les sanctions américaines prendront effet (à compter du 4 novembre). 

Au fur et à mesure que les clients se désengagent, la NIOC stocke du pétrole sur des pétroliers, indique l'agence Bloomberg. Les volumes croissants de "stockage flottant" rappellent les épisodes de 2012-2016, les précédentes sanctions qui avient fortement limité les exportations de pétrole iranien et restreint les activités de la flotte iranienne. 

 

--- La rédaction (avec agences) ---