Les autorités espagnoles ont refoulé la semaine dernière le pétrolier Black Star, enregistré à Malte et exploité par une compagnie maritime turque, invoquant un transfert illicite de cargaison.

Alors que le navire de 9 438 tpl battant pavillon maltais, demandait à la capitainerie de Barcelone l'autorisation d’entrée dans le port, il s’est vu notifié un refus par le ministère des Transports (Ministerio de Transportes y Movilidad y Agenda Urbana, Mitma). Le ministère justifie sa position en s’appuyant sur les sanctions européennes interdisant l’accès des navires ayant des liens avec une propriété russe ou enregistrés sous le pavillon de la Russie.

Plus précisément, les autorités espagnoles s’appuient sur les informations fournies par l'Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM), indiquant que le navire-citerne avait été impliqué dans un transfert illégal de cargaison d'un navire russe à un autre. Une technique de fraude exploitée pour dissimuler du fret frappé par une interdiction.

Pétroliers sous embargo : une véritable odyssée pour dissimuler

Un transfert de 29 heures

Le ministère a précisé que le pétrolier russe Andrey Pervozvanniy avait précédemment demandé l'autorisation d'accoster dans le port de Barcelone, qui lui a été refusé le 25 avril. D’après l'AESM, le navire était au mouillage au large de Malte quand il a été rejoint par le Black Star, parti de Turquie. Le transbordement se serait déroulé sur une plage horaire de 29 heures entre le 24 et le 25 avril.

Le 15 avril, la Grèce a arrêté, dans les mêmes conditions, le pétrolier Pegas, battant pavillon russe, alors qu'il mouillait au large de l'île d'Evia. Les autorités grecques ont l’intuition qu’un transfert de pétrole brut sous embargo était sur le point de s’effectuer de navire à navire. Le Pegas fait également partie des cinq navires contre lesquels les États-Unis ont pris des mesures le 22 février en raison d’un commerce illicite de pétrole iranien sous embargo.  

La rédaction

Photo : Le Black Star ©VesselFinder