L'Inde demande à ses raffineurs de se diversifier et de réduire leur dépendance au pétrole du Moyen-Orient après la décision de l'OPEP+. Le pays mise sur le Guyana et la Russie.

Au cours de la dernière réunion des producteurs de pétrole de l’OPEP+ (OPEP et 10 autres producteurs au premier rang desquels la Russie), le 4 mars, il a été décidé de maintenir les plafonds de production à un niveau quasi inchangé alors qu'une hausse était attendue. Seuls deux pays font exception à la règle. La Russie et le Kazakhstan, autorisés à augmenter leur offre, respectivement de 130 000 barils et 20 000 barils par jour. Ils avaient déjà été bénéficié d’un traitement spécifique en février et mars 2021. 

Ces derniers mois, tout le secteur pétrolier est suspendu à ces niveaux. Entre avril 2020 et fin janvier 2021, 2,3 milliards de barils ont été soustraits au marché pour accélérer « le rééquilibrage du marché pétrolier ». De la hausse ou la baisse dépend le cours du pétrole.

Le 4 mars, à nouveau, l’Arabie saoudite a montré l’exemple de la prudence et de la responsabilité en renouvelant son engagement pris en début d’année de réduire volontairement de 1 million de barils par jour (Mb/j) jusqu’au mois d’avril. Il était en revanche attendu un relèvement du plafond compte tenu de la remontée des prix du pétrole depuis début novembre (de 40 à 66 $/b soit + 65 %). Les producteurs restent confiants quant à la reprise du marché, gageant sur les marchés pétroliers avec les campagnes de vaccination et les plans de relance.

Stocks stratégiques 

Des premières réactions n’ont pas tardé. L’Inde, troisième importateur et consommateur mondial de pétrole, a demandé aux raffineurs d'État d'accélérer la diversification des importations de pétrole afin de réduire progressivement leur dépendance à l'égard du Moyen-Orient. Le géant asiatique importe environ 84 % de ses besoins globaux en brut, dont plus de 60 % en provenance des pays du Moyen-Orient, qui sont généralement moins chers que ceux de l'Ouest. Selon Refinitiv Oil Research, les importations de pétrole de l'Inde ont fortement chuté en février : 4,1 Mb/j ont été déchargés contre 4,39 Mb/j en janvier et 4,75 Mb/j en décembre.

L'Irak (900 000 bp/j importés en février) et l'Arabie saoudite (590 000 bp/j en février, contre 730 000 bp/j en janvier et 910 000 bp/j en décembre) sont à ce jour les deux principaux fournisseurs de pétrole de l'Inde. Cette année, l'Irak a réduit les volumes d'approvisionnement annuels tandis que le Koweït a raccourci la durée des contrats avec les acheteurs indiens à 9 mois.

Le pays, durement touché par la flambée des prix du pétrole, espérait un assouplissement des restrictions. En retour, il lui a été conseillé par le ministre saoudien de l'énergie de puiser dans les stocks stratégiques gorgés par le pétrole à bas prix acheté l'année dernière.

Alternatives ?

L'un des plans indiens consiste à importer du pétrole auprès du Guyana, exportateur émergent, indique Reuters. Le premier raffineur du pays, Indian Oil Corp, a également renouvelé son contrat d'importation de pétrole avec la Russie (180 000 bp/j en février, contre seulement 60 000 bp/j en janvier) tandis que le pays espère reprendre ses importations de pétrole iranien, soumis à des sanctions américaines sur ses exportations de brut.

Selon les analystes, les meilleures sources d'approvisionnement alternatives pour l'Inde en quantité et en qualité de brut recherché – Iran et Venezuela – sont toutes deux des producteurs de l'OPEP et contraintes par des considérations politiques. 

A.D.


 

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