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Si l'incendie à bord du New Diamond a été éteint, le pétrolier battant pavillon panaméen a été pendant deux jours en proie aux flammes, aggravant les craintes d'une marée noire de grande ampleur dans l'océan Indien. La seconde après celle qui a pollué en août la côte de l'île Maurice avec le Wakashio, un navire japonais de 203 130 tpl battant également pavillon panaméen et affrété par MOL.

Des bâtiments militaires sri-lankais et des garde-côtes indiens tentaient en fin de semaine dernière d’éteindre le brasier qui a enflammé le New Diamond, un pétrolier chargé de 270 000 t de pétrole brut et 1 700 tonnes de diesel. Il avait émis un appel de détresse le 3 septembre après une explosion dans sa salle des machines.

Les Maldives, situées à un millier de kilomètres au Sud-Ouest du Sri Lanka, ont fait part de leur inquiétude concernant une éventuelle fuite de pétrole. Selon les garde-côtes indiens, la coque présente une fissure de deux mètres au dessus de la ligne de flottaison. L'incendie ne se serait pas propagé à la cargaison. Une fois les flammes éteintes, le navire sera remorqué et un transbordement de la cargaison sera opéré.

Un marin philippin a péri dans l'explosion, a confirmé la marine sri-lankaise. Les 22 autres membres de l'équipage, dont cinq Grecs et 17 Philippins, ont été évacués après avoir été hélitreuillés.

Un précédent

Fin juillet, le Wakashio, un navire japonais de 203 130 tpl battant pavillon panaméen, a déversé plus de 1 000 t de fioul dans l'océan Indien après s'être séparé en deux le 15 août. Il s'était échoué près de Point d'Esny, sur la côte sud-est de l'île Maurice, le 25 juillet. Le navire, appartenait à Nagashiki Shipping Co, était affrété à temps par Mitsui OSK Lines (Mol). Lorsqu'il s'est échoué, il avait 3 800 t de fuel à très faible teneur en soufre et 200 tonnes de diesel à bord. Environ 3 000 t ont pu être récupérées et transférées sur de petits pétroliers, selon une déclaration de Mol.

Alors que l’enquête devra éclaircir les circonstances entourant l'échouement du navire, le gouvernement mauricien a réclamé 34 M$ pour dommages et intérêts en vue de compenser les préjudices pour le secteur de la pêche. Selon certains avocats, le montant total de l'indemnisation pourrait ne pas dépasser 18 M$ car le déversement n'est pas couvert par le régime standard du secteur pour les pétroliers en charge. L’événement relèverait de la Convention Bunker de 2001, qui prévoit une couverture d'assurance au tiers obligatoire, en pratique fournie par les clubs P&I, ce qui permet aux assureurs de prendre en charge directement le nettoyage et les pertes de pollution des soutes. Mais les propriétaires ont le droit de limiter leur responsabilité conformément à la Convention sur la limitation de la responsabilité en matière de créances maritimes de 1976.

De nombreux pays ont promulgué un protocole en 1996, en vertu duquel des limites plus élevées peuvent être obtenues. En vertu de cette revoyure, l’Île Maurice aurait pu demander 43 M$. Or, elle ne l’a pas signé.

La rédaction