La compagnie danoise, victime de deux incidents avec pertes de conteneurs sur ses navires déployés sur la route entre les États-Unis et l’Asie, doit opérer un minutieux travail de récupération du fret sur les conteneurs endommagés.

Après trois semaines au terminal APM Lazaro Cardenas, le Maersk Essen a quitté le 22 février le port mexicain à destination de Los Angeles où il devait arriver le 25 février à 23.00 heure locale et accoster au quai 400 de Los Angeles d'APM Terminals. « La situation est susceptible de changer en fonction du nombre de navires en attente, mais nous ferons tout notre possible pour l'avancer dans la file d'attente », indique l’armateur dans une note aux clients.

Pour rappel, le 16 janvier, alors qu'il faisait route de Xiamen, en Chine, vers Los Angeles, en Californie, où il devait arriver le 28 janvier, le navire était à moins de 800 km au nord-est d'Honolulu quand il a été secoué par une violente tempête. La compagnie danoise avait signalé la perte en mer de quelque 750 conteneurs ainsi qu’un nombre non spécifié de boîtes endommagées à bord.

MSC, son partenaire dans l’alliance 2M qui exploite le service, avait indiqué de son côté avoir perdu 350 conteneurs et 79 autres endommagés. 

178 conteneurs endommagés

Lors de son séjour à Lazaro Cardenas, 178 conteneurs endommagés ont été déchargés mais aucun n’a été rechargé à bord du navire, indique le consultant en sinistres maritime WK Webster. Parmi ces boîtes, une cinquantaine de conteneurs sont considérés comme étant en état de naviguer. Pour les autres, les cargaisons devront être transbordées dans des conteneurs en bon état avant d'être acheminées vers leur destination.

L'enquête sur les causes de l'accident est en cours. Webster affirme que l’un des experts a pu inspecter le navire, y compris certains des équipements d'arrimage endommagés. D’autres éléments seront pris en compte dans le rapport d’accident : les données météorologiques et le comportement du navire dans ces conditions demeurent des facteurs aggravants. Le plan de charge du navire et l'adéquation des dispositifs d'arrimage et de fixation seront aussi des points clés.

Maersk Essen : jusqu'à 750 conteneurs perdus

Perte de manœuvrabilité

Quant au Maersk Eindhoven, également exploité sur la route entre l’Asie et la côte ouest-américaine, il a trouvé un port refuge au Japon, a indiqué Maersk, dans une note à la clientèle en date du 24 février. Il devait accoster le 25 ou 26 à Yokohama, au terminal d'APM Terminals.

Cette fois, selon l’armateur, la perte de puissance de propulsion du moteur, « pendant 3 à 4 minutes à 80 km au large du nord du Japon », serait à l’origine de cet accident survenu dans une mer agitée le 17 février. La perte de manœuvrabilité aurait entraîné un roulis important qui a fait passer 260 conteneurs par-dessus bord et endommagé 65 autres conteneurs sur le pont, a signalé la compagnie danoise.

« Une fois que le navire aura accosté, nous aurons une meilleure idée de l’état des marchandises et du navire, ce qui nous permettra d’établir un calendrier et de déterminer les mesures à prendre pour les cargaisons endommagées et le transport du reste du fret jusqu'à Los Angeles », signifie le service commercial de l’entreprise, qui n’exclue pas la possibilité d’un séjour prolongé dans le port japonais, de l’ordre de deux à trois semaines en fonction de l’ampleur des réparations et de l’état des cargaisons. 

A.D.

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