Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs partenaires ont fini par trouver un compromis, autorisant la Russie et le Kazakhstan à légèrement augmenter leur production d'or noir au cours du premier trimestre. La monarchie du Golfe a créé la surprise.

Les membres de l’Opep et leurs partenaires de l’Opep+, qui comprend notamment la Russie se sont mis d’accord pour que la Russie et le Kazakhstan ugmentent leur production de brut au cours du premier trimestre. Mais l'Arabie saoudite, prudente face à la propagation du Covid-19, a choisi de s'imposer une coupe significative.

Le volume retiré volontairement du marché depuis le printemps 2020 par l’OPEP+, pour éviter un effondrement des cours, passera de 7,2 millions de barils par jour (Mb/j) en janvier à 7,125 Mb/j en février puis 7,05 Mb/j en mars, a annoncé le cartel à l'issue du premier sommet ministériel de 2021.

Mais pour ne pas entraîner un trop-plein d'offre face à une fragile reprise de la demande, Riyad a décidé unilatéralement d'entamer son propre quota sur la période à hauteur d'un million de barils par jour. L’annonce du ministre saoudien de l'Énergie Abdelaziz ben Salmane a surpris. En raison de son volume de production, cette auto-discipline équivaut à « une réduction nette de la production de plus de 900 000 barils par jour », a calculé Forex.com. Reste à voir si l’engagement sera maintenu, modère un analyste de Rystad Bjornar Tonhaugen.

Deux lignes claires

Sur le sujet, deux clans s’opposent distinctement au sein de l’Opep+ et depuis le bouversement des marchés pétroliers en lien avec l’épidémie. L’Arabie saoudite prône le maintien en l'état des coupes actuelles pour soutenir les prix à court terme alors que la Russie rêve de réinjecter jusqu'à 500 000 barils quotidiens sur le marché le mois prochain (ce qui avait été décidé en décembre pour janvier) et mise davantage sur l'asphyxie de producteurs aux coûts de revient plus élevés tels les États-Unis, numéro un mondial.

Au final, le flou autour de la reprise de la demande a donné raison à l’Arabie Saoudite.

Réaction des marchés

Les deux contrats de référence du brut, cotés à New York et Londres, ont réagi favorablement à cette annonce le 5 janvier. À la clôture, le WTI américain et le Brent de mer du Nord affichaient des gains de près de 5 %, à respectivement 49,93 et 53,60 $ le baril, des niveaux jamais atteints depuis dix mois.

Les vingt-trois ont convenu de se retrouver pour le 3 février pour un Comité de suivi de l'accord en vigueur de réduction de la production du groupe puis le 4 mars en sommet interministériel.

La rédaction