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Le marché pétrolier va rester sous pression avec la résurgence du virus, même si un hiver rigoureux pourrait faire monter les cours, a estimé l'OPEP. La demande pétrolière n'est pas proche d'atteindre un véritable pic en l'absence de décisions politiques fortes, déclare de son côté l'Agence internationale de l'énergie.

Depuis que les cours ont plongé avec la crise, les prévisions du cartel des pays producteurs de pétrole sont scrutés. L’OPEP estime la chute de la demande mondiale de pétrole pour cette année à 9,5 millions de barils par jour (Mb/j). Elle devrait donc atteindre 90,3 Mb/j. Pour 2021, la demande a en revanche été revue à la baisse de 0,08 Mb/j : l'OPEP attend désormais un rebond de 6,5 Mb/j pour atteindre 96,8 Mb/j. Cela reflète des perspectives de croissance économique plus faible, à la fois pour les pays développés de l'OCDE et les autres.

Recul de 47 000 barils par jour

Du côté de l'offre, l'estimation de la production des pays extérieurs à l'OPEP a été corrigée à la hausse de 0,31 Mb/j pour cette année, essentiellement en raison d'une reprise plus forte qu'attendu de la production d'hydrocarbures liquides aux États-Unis. La production non-OPEP a toutefois été rectifiée à la baisse de 0,11 Mb/j pour l'an prochain.

En septembre, la production des pays de l'OPEP a reculé de 47 000 barils par jour par rapport à août, pour s'établir à 24,1 Mb/j. Ce sont essentiellement les Émirats arabes unis qui ont moins pompé le mois dernier, tandis que l'Irak et l'Arabie saoudite produisaient davantage. Les membres de l'OPEP et leurs alliés, dont la Russie (OPEP+) s'imposent des coupes de production en réponse à la chute de la demande et des prix, en lien avec la pandémie.

Deux scénarios selon l’AIE

De son côté, l'AIE a coupé court aux spéculations (qui ont redoublé avec la crise) sur un possible pic pétrolier qui aurait été déjà atteint. Dans son rapport annuel publié le 20 octobre, l’AIE prévoit deux scénarios : l’un qui extrapole à partir des politiques et des engagements actuels et l’autre qui envisage une reprise économique plus tardive. La consommation pétrolière doit certes atteindre un plateau au tournant des années 2030, mais sans entamer ensuite un déclin marqué.

« L'ère de la croissance mondiale de la demande de pétrole va prendre fin ces dix prochaines années mais en l'absence de grand changement dans les politiques des gouvernements, je ne vois pas de signes d'un pic de la demande mondiale de pétrole », a déclaré Fatih Birol, le chef économiste de l’AIE lors d'une conférence virtuelle rapportée par l’AFP.

L’Agence révoit cette année une baisse de 7 % des émissions de CO2 liées au secteur de l'énergie mais anticipe également un rebond. Il le formule dans un phrasé alambiqué. « Le monde est loin de faire assez pour que les émissions emprutent le chemin d'un déclin structurel ».

La rédaction