Les ministres saoudien et russe de l'Énergie ont affiché leur unité le 19 décembre lors d'une réunion bipartite avant le sommet en janvier de l'OPEP+ et après une année marquée par des divergences sur les coupes de production de pétrole face à la chute des prix.

Au début du mois, les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs partenaires, dont la Russie, ont décidé à l'issue d'âpres négociations de limiter à 500 000 barils par jour l'augmentation de leur production en janvier, contre près de 2 millions de barils par jour initialement prévus.

« Nous avons confirmé une nouvelle fois notre loyauté envers les accords en vigueur aujourd'hui », a commenté le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, chargé du secteur énergétique. « Nous envisageons de travailler ensemble afin d'aboutir à un équilibre de la situation sur le marché », a-t-il ajouté. L'OPEP+ tiendra virtuellement sa 13e conférence ministérielle le 4 janvier, tandis que Riyad et Moscou se réuniront autour d'un comité de coopération bilatérale en mars. 

En début d'année, une véritable guerre des prix avait opposé l'Arabie saoudite à la Russie, respectivement troisième et deuxième producteurs de pétrole, dans un marché miné par la pandémie. Face au refus de Moscou de réduire davantage la production mondiale dans la lignée des coupes consenties par le cartel et ses partenaires depuis 2018, Riyad avait brutalement augmenté la sienne, faisant dégringoler les prix pour atteindre un plus bas en près de deux décennies. Un accord avait finalement été trouvé au sein de l'OPEP+.

La reprise plombée par une souche plus contagieuse du nouveau coronavirus

Les cours du pétrole ont dévissé le 21 décembre, plombés par les nouvelles mesures de limitation des déplacements imposées aux frontières britanniques à cause d'une nouvelle variante du coronavirus. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a baissé de 2,58 %  à Londres à 50,91 $. Le WTI américain pour le mois de janvier a abandonné 2,77 %, à 47,74 $ par baril. Frappé par une souche plus contagieuse du nouveau coronavirus, le Royaume-Uni se trouve brutalement coupé du monde lundi après la décision de nombreux pays de suspendre leurs liaisons.

La nouvelle mutation du virus a effacé, au moins partiellement, les espoirs d'une reprise de la demande avec les campagnes de vaccination qui avaient conduit le pétrole à une hausse de plus de 40 % depuis les premières annonces début novembre. Elle a également éclipsé pour les investisseurs l'accord trouvé le 21 décembre au Congrès sur un plan de soutien de l'économie américaine, qui pourrait apporter jusqu'à 900 Md$ au premier consommateur de brut au monde.

La rédaction