La compagnie singapourienne a passé la majeure partie de l’année 2020 à négocier avec ses créanciers afin d’éviter sa mort économique. Ses créanciers ont voté en faveur de son plan de restructuration qui prévoit notamment que la Cité-État injecte 600 M$ de capitaux. À l’issue de la recapitalisation, le groupe familial ne sera plus actionnaire qu’à hauteur de 15 %. 

Le 1er février se tenait une réunion décisive pour la compagnie singapourienne, qu’elle présentait elle-même comme un ultime recours. Elle devait obtenir de ses actionnaires un accord sur sa restructuration sans lequel elle risquait de disparaître. Heliconia Capital Management, entité du fonds souverain du pays Temasek, s'est engagée à investir 600 M$ et à lui octroyer une facilité de crédit renouvelable de 200 M$, sous réserve de certaines conditions. L'investissement de Temasek sous forme de dette et de capitaux propres était subordonné à l'obtention de l'approbation des détenteurs d'obligations non garanties.

C’est ce plan qu’elle a présenté à ses créanciers après avoir réalisé, durant toute l’année 2020, un véritable marathon pour notamment renégocier sa dette auprès de ceux totalisant 97,6 % de la créance. Mais en novembre, la compagnie devait admettre qu'elle n'était pas en mesure de procéder au remboursement des obligations arrivant à échéance pour un montant de 60 M$.

Fin du règne familial

Ce 1er février, la moitié des investisseurs, qui détenaient au moins les trois quarts de la dette présents à la réunion, devaient approuver l'accord en vertu de la loi de Singapour. Le 12e armement mondial de porte-conteneurs a finalement obtenu les soutiens nécessaires. La restructuration de la dette devra être finalisée au cours du premier semestre 2021. Après la recapitalisation, les actionnaires, y compris la famille Teo, verront leur participation réduite à moins de 15 % : « nous sommes encouragés par les résultats des votes. C'est en effet un témoignage fort de la confiance des créanciers dans l'activité et les perspectives d'avenir de PIL », a déclaré Teo Siong Seng, président de PIL et héritier de la famille qui a fondé la compagnie.

En difficulté depuis deux ans, la compagnie est percluse de dettes. Pour se remettre à flot, elle s’est délestée ces derniers mois de plusieurs actifs, dont des navires. 

A.D.

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