CMA CGM et Shell ont réalisé le premier essai d’avitaillement avec un mélange composé de près de 10 % de Bio-GNL. Le Containerships Aurora, un des récents feeders au GNL exploités par la filiale intra-européenne du groupe français, a ainsi reçu 20 t de biométhane liquéfié.

La barge LNG London de Shell a fourni un mélange composé de près de 10 % de Bio-GNL au feeder de 1 400 EVP exploité par Containerships, transporteur intra-européen du groupe CMA CGM. Le navire, en escale à Rotterdam a été souté par 483 m3 (219 t) de GNL, dont 44 m3 (20 t) de Bio-GNL

« L’opération a été menée avec succès au moyen d'un transfert de navire à navire tandis que le navire poursuivait simultanément les opérations de manutention portuaire, respectant ainsi le planning prévu, indique CMA CGM dans un communiqué. Les résultats de cet essai apportent au secteur du transport maritime la démonstration de l’évolutivité, de la durabilité et de la conformité aux contraintes techniques du Bio-GNL. »

CMA CGM et Engie, partenaires industriels autour du BioGNL

Envoyer des signaux au marché

Le troisième armateur mondial de porte-conteneurs, adepte du GNL, travaille activement au développement d’une filière de production du biométhane avec, dans le viseur, à terme le bio-GNL, autre nom donné au biométhane liquéfié, qui peut s’obtenir via différents procédés : schématiquement, soit à partir de biométhane, soit de méthanes de synthèse, soit de l’e-méthane, ce dernier étant issu de l’électricité issue des énergies renouvelables et/ou du CO2 capté. Pour amorcer la pompe, CMA CGM a acheté en 2021 l’équivalent de 25 000 t de biométhane (l'équivalent d'une année de consommation de carburant de quatre navires de 1 400 EVP propulsés au GNL). « Cette initiative a eu pour effet d'encourager Shell à développer ses capacités de production et par conséquent d’accélérer la disponibilité de ce carburant sur le marché dans son ensemble », assure le groupe.

CMA CGM investit dans le biométhane

Vingt navire « e methane » ready en service

Pour l’armateur, le bio-GNL, combiné avec la technologie dual fuel, permettrait de réduire d’au moins 67 % les émissions de gaz à effet de serre (incluant le CO2) par rapport au fuel à basse teneur en soufre (VLSFO < à 0,1 %) en well-to-wake (du puits à la pompe, chaîne de valeur complète) et de 88 % en tank-to-wake (à l’échelle du navire). 

Les 44 porte-conteneurs commandés au GNL (tous livrés avant fin 2024) sont d’ores et déjà configurés « e-méthane ». Vingt d’entre eux sont déjà en service.

La rédaction