Les prix de l’acier sont au plus haut et la tonne de ferraille pourrait franchir des sommets au cours du second semestre. Le marché ne montre aucun signe de refroidissement malgré l'arrivée de l'été et de la traditionnelle mousson dans le sous-continent indien qui concentre les activités de recyclage de navires. 

Depuis le début de l’année, les prix de l’acier sont pris dans une spirale haussière avec des répercussions sur la tonne de ferraille qui, depuis mars, s’envole. Elle était déjà entre 400 et 500 $ en mars. La hausse était à l’oeuvre dans tous les chantiers du sous-continent indien, le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan. 

Dans son dernier rapport, GMS, le plus important acheteur mondial de navires en fin de vie, estime que la barre des 600 $ la tonne pourrait être franchie alors que la reconstitution des stocks de ferraille devient pressante. « Depuis les jours grisants de 2008, nous n'avons jamais vu des niveaux aussi fermes sur les prix de la ferraille, note la société. Il sera intéressant de voir combien de temps encore cette tendance persistera, de nombreux analystes prévoyant que ce supercycle pourrait se terminer à un moment donné avant la fin de l'année. Le marché deviendrait alors tumultueux, tant pour les armateurs que pour les acheteurs au comptant. »

Recyclage des navires : le rapport qui passe au crible les chantiers européens

Anomalie du marché

Les pétroliers et les unités offshore font d’excellents candidats compte tenu des conditions de marché. Pour les porte-conteneurs et les vraquiers, l’heure fatale n’a pas sonné. Les propriétaires entendent profiter au maximum du marché haussier. Toutefois, la situation pourrait changer à la faveur des réglementations à venir, selon GMS. Elles modifient en effet les conditions d’exploitation, en particulier pour les navires les plus anciens. Les nouvelles exigences de l'OMI en matière de décarbonation, avec par exemple l’introduction prochaine d’un indicateur d’intensité carbone, pourrait condamner un certain nombre de navires. 

En début d’année, les courtiers s’étonnaient d’une anomalie de marché dans le domaine du recyclage des navires. Alors que les prix de la ferraille étaient déjà particulièrement élevés, conditions favorables à l’envoi à la casse, l’activité fonctionnait au ralenti.

L’activité de démolition est traditionnellement décorrélée de celle du transport. Lorsque ce dernier est porté par une forte demande, le recyclage est à la baisse et vice versa si bien que la mise au rebut contribue à un équilibre naturel de l’offre et de la demande. « La décision de vendre un navire à la ferraille n'est pas seulement déterminée par le cycle du marché mais aussi, et dans une large mesure, par le prix de la ferraille proposé par rapport à celui du marché de l’occasion », notait alors Intermodal dans un de ses rapports.

A.D.

Photo ©Gadani Ship Breaking Yard