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Les États-Unis ont sanctionné six entités chinoises pour leurs relations commerciales avec IRISL et sa filiale Hafez Darya Arya Shipping Company. 

L’administration Trump a déclaré qu’elle avait mis sur liste noire six entités chinoises et deux personnes pour avoir traité avec la compagnie maritime iranienne Islamic Republic of Iran Shipping Lines (IRISL) et, dans certains cas, l'avoir aidée à se soustraire aux sanctions américaines. « Aujourd'hui, nous réitérons un avertissement : si vous faites des affaires avec IRISL, vous risquez des sanctions américaines », a menacé le secrétaire d'État Mike Pompeo.

Les sanctions sont tombées sur Reach Holding Group, Reach Shipping Lines, Delight Shipping, Gracious Shipping, Noble Shipping et Supreme Shipping, qui auraient permis à des navires de la compagnie iranienne d’accoster dans les ports chinois. Éric Chen (Chen Guoping), directeur général du groupe Reach Holding, et Daniel Y. He (He Yi), président du groupe Reach Holding, ont également sanctionnés en tant que personnes. En raison de leur inscription sur la liste des ressortissants spécialement désignés du département du Trésor américain, les avoirs des entités et des personnes relevant de la juridiction américaine sont gelés et il est interdit aux ressortissants américains de traiter avec eux.

Le NVOCC Reach Group, basé à Shanghai, a créé une entreprise commune avec IRISL en 2017 pour faciliter le commerce et les services logistiques entre la Chine et l'Iran. La coentreprise, Reach Shipping Line, possédait quatre navires de 14 508 EVP, les Canreach, Goodreach, Tenreach et Fanreach. Ces navires ont depuis été vendus. Selon les données de VesselsValue, un des navires a été vendu à une filiale de l'IRISL, tandis que les acheteurs des trois autres navires n'ont pas été révélés.

11 sociétés placées sur liste noire en septembre

Depuis juin, les États-Unis exercent une pression sur le pays de la république islamique. Washington avait alors annoncé l’entrée en vigueur de sanctions à l’encontre de la compagnie maritime IRISL et de sa filiale basée à Shanghaï, E-Sail Shipping. Toutes entités commerciales ou maritimes qui échangent avec la compagnie, la soutiennent, elle ou une de ses filiales, « contribuent aux programmes de l’Iran en matière de prolifération, notamment ses programmes nucléaire et balistique », avait alors signifié Mike Pompeo. 

En septembre, les États-Unis ont mis sur liste noire 11 sociétés pour avoir facilité les expéditions pétrochimiques iraniennes.

Un vieux contentieux

L’Amérique de Donald Trump a dénoncé en 2018 l’accord multilatéral conclu en 2015 entre l’Iran et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), qui devait garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien en soumettant le pays à un strict contrôle de ses activités en contrepartie de la levée partielle et progressive des sanctions économiques internationales.

Mais retiré de cet accord dit historique, Washington interdit à toute entreprise traitant avec Téhéran de faire du business aux États-Unis. Le couperet s’applique aux opérations portuaires, au transport maritime, à la construction navale et au négoce de pétrole depuis novembre 2018. Les compagnies CMA CGM et Maersk, qui ont des établissements Outre-Atlantique, y ont du coup cessé. Les armateurs iraniens – IRISL, NITC ou National Iranian Tanker Co (Nioc) – sont surtout  impliqués dans le transport d’hydrocarbures.

La rédaction