Alors que deux navires doivent rejoindre prochainement la flotte, le numéro deux mondial de la croisière fait état d’un exercice financier au lourd passif. À un bénéfice de 1,9 Md$ en 2019 s’est substitué un déficit massif.

« La pandémie a un impact douloureux et profond sur notre monde et nos activités. Cette crise est sans aucun doute la plus difficile de l'histoire de l'entreprise », a reconnu à l’occasion de la présentation des résultats financiers Richard D. Fain, le PDG du groupe multi marques (RCI, Celebrity Cruises, Azamara Cruises, Pullmantur Cruises, Silverseas Cruises, Croisières de France, TUI Group).

Au dernier trimestre, Royal Caribbean a présenté une perte de 1,37 Md$ (273,1 M$ de bénéfice en 2019) et un chiffre d'affaires en recul de près de 99 % à 34,14 M$. Par ailleurs, le croisiériste s'attend à dépenser entre 250 et 290 M$ par mois en cas de suspension prolongée de ses opérations. Le coronavirus lui aura coûté, sur l'ensemble de l'année 2020, 5,8 Md$ alors qu’il faisait état d’un bénéfice, selon les normes comptables américaines, de 1,9 Md$ l'année précédente.

Deux livraisons en 2021 et 2022

Alors que chaque unité inactive pèse sur ses états financiers, le groupe doit être livrée de deux nouvelles unités, dont un deuxième de la classe Quantum Ultra de Royal Caribbean d'ici la fin du premier trimestre de cette année par le channtier allemand Meyer Werft. Il doit en outre réceptionner, au quatrième trimestre, le Silver Dawn, construit par le constructeur italien Fincantieri.

Les deux navires représentent la majorité des dépenses d'investissement de la société en 2021, qui s'élèvent à 2,1 Md$. En 2022, la société a prévu deux autres livraisons, toutes deux avec un financement engagé : Wonder of the Seas et Celebrity Beyond. Depuis la suspension des activités au printemps 2020, Royal Caribbean a cédé trois navires de sa flotte : Celebrity Xperience, Majesty of the Seas et Empress of the Seas, trois navires exploités par sa filiale Pullmantur et vendu sa marque Azamara et ses Azamara Journey, Azamara Quest et Azamara Pursuit.

En quête de liquidités

Pour passer ce cap difficile, en quête de liquidités, la société américaine a notamment réalisé une offre d'actions de 1 Md$, agencé ses facilités de crédit afin de reporter l'amortissement du principal de 0,8 Md$ dû avant avril 2022 ou encore modifié plus de 4,9 Md$ de facilités bancaires commerciales et ainsi repousser des échéances jusqu'à la fin du troisième trimestre de 2022.

« Alors que la compagnie commence à remettre sa flotte en service, elle va engager des dépenses supplémentaires pour réarmer les navires, ramener les équipages sur les navires, prendre les mesures nécessaires pour assurer la conformité avec les protocoles recommandés et préparer ses opérations de vente et de marketing », est-il indiqué.

En 2021, les résultats seront encore soumis à l'impact sanitaire, explique Royal Caribbean, qui s'attend à de nouvelles pertes.

La rédaction