Le groupe pétrolier saoudien Aramco, qui avait réalisé le casse boursier du siècle en s'introduisant en Bourse de Ryad en 2019, a vu son bénéfice net fondre de moitié en 2020. Premier exportateur mondial de pétrole brut, l'Arabie saoudite a été frappée l'an dernier par la faiblesse des cours du pétrole et de fortes réductions de la production.

En levant près de 30 Md$ via la cession d’à peine 1,725 % de son capital, le groupe pétrolier saoudien s’était fait remarquer lors de ses premiers pas en bourse. Les fonds levés par le mastodonte saoudien avaient valorisé le groupe pétrolier à 1 700 Md$, un niveau conforme aux estimations de l’Arabie Saoudite mais loin de l’évaluation de 2 000 Md$ souhaitée par le prince héritier, Mohammed ben Salmane. Quoi qu’il en soit, la valorisation était à l’image de cette société présentée alors comme la plus rentable au monde en termes de bénéfice net mais aussi de coûts de production (2,50 € le baril). Un enjeu de taille : les fonds levés, gérés par le Public investment fund (PIF), doivent servir à financer la diversification d’une économie subordonnée au seul or noir notamment vers les « nouvelles technologies et des mégaprojets d’infrastructure ».

Depuis 2019, le géant pétrolier public a subi deux baisses annuelles consécutives de ses bénéfices. La sanction de 2020 est impitoyable. Il doit concéder 44,4 % de son bénéfice net, à 49 49 Md$ tout de même (contre 88,2 Md$ l'année précédente), plombé par la baisse des prix du pétrole brut exacerbée par la pandémie de coronavirus.

Pression sur les finances publiques

Premier exportateur mondial de pétrole brut, l'Arabie saoudite a dû mettre sa production sous cloche conformément aux accords de l’OPEP pour soutenir les cours du brut alors que la demande de pétrole s’est effondrée. De l’avis même du PDG d'Aramco, Amin Nasser, 2020 a été « une des années les plus difficiles de l'histoire récente ».

Du fait de leur poids dans les ressources de la monarchie du Golfe, les mauvais résultats du groupe pétrolier vont immanquablement faire pression sur les finances publiques alors que Riyad poursuit d'ambitieux projets de plusieurs milliards de dollars pour diversifier son économie dépendante du pétrole.

Dépenses revues

Cependant, la société estime avoir « fait preuve d'une forte résilience » quand bon nombre de ses concurrents ont enregistré des pertes. Malgré la situation, elle a versé 75 Md$ de dividendes à ses actionnaires comme elle s'y était engagée lors de son introduction en Bourse. Sausi Armaco revoit néanmoins ses dépenses pour 2021, à 35 Md$, alors qu’il était prévu que celles-ci soient de l’ordre de 40 à 45 Md$. Pour faire face et réduire ses coûts, la major pétrolière a supprimé des centaines d'emplois.

Les attaques des rebelles yéménites Houthis représentent une autre menace. Les installations énergétiques saoudiennes en ont été le théâtre à deux reprises depuis début mars.

A.D.

 

 

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