Le numéro deux mondial de la ligne conteneurisée et le groupe pétrolier anglo-néerlandais, qui travaillent déjà ensemble, ont signé un nouveau protocole d’accord pour apporter leur pierre à l’édifice de la décarbonation du secteur. 

« Les entreprises prévoient de développer une gamme de technologies sûres, durables et compétitives qui peuvent réduire les émissions des navires de la flotte existante et contribuer à un avenir à émissions nettes nulles pour le transport maritime », indique le communiqué. Les communiqués de presse débordent d’accroches de ce style depuis quelque temps. Les accords avec strictement les mêmes objectifs occupent un certain espace dans les disques durs. Celui-ci retient l’attention car il est bilatéral et concerne deux groupes d’influence dans deux secteurs de poids.

Pour atteindre l'objectif de décarbonation fixé à l’horizon 2050 par les Accords de Paris, l'industrie pétrolière et le secteur du transport maritime sont confrontés aux mêmes défis. Les compagnies pétrolières comme Shell doivent changer de modèle économique tandis que le transport maritime doit moderniser ou remplacer sa flotte marchande pour naviguer avec des carburants décarbonés.

Plusieurs options

Shell et MSC ont déjà travaillé ensemble au cours des dix dernières années, notamment sur le soutage de biocarburants et l'essai de carburants à très faible teneur en soufre.

Les équipes techniques et commerciales des deux entreprises vont explorer cette fois l’univers des possibles dans les carburants neutres en carbone. Diverses options sont sur la table : les carburants dérivés de l'hydrogène, l’usage du méthanol, les piles à combustible retiennent leur attention, avec pour ambition de déboucher sur un concept de navire « flexi-fuel zéro carbone ». Ils travailleront également sur l'efficacité énergétique des navires existants.

GNL, catalyseur du débat

Il sera aussi question de développer le GNL dans la flotte de MSC, « car il s'agit du carburant le moins polluant actuellement disponible » mais tout en travaillant sur des technologies de réduction des émissions de méthane (un des points noirs prêté au GNL). Le carburant, auquel s’est rallié récemment MSC mais aussi ZIM et Hapag-Lloyd, divise le secteur et au-delà. 

Shell Tankers (Singapour) vient pour sa part de signer de nouveaux accords d'affrètement avec Knutsen LNG, Pan Ocean Co. et des investisseurs pour six navires de plus, portant ainsi sa flotte de transporteurs de GNL à un total de 24 navires.

La rédaction

Photo : Soren Toft, CEO de MSC et Huibert Vigeveno, directeur des activités aval de Shell