“K”Line teste le captage de CO2 à bord du minéralier Corona Utility. ©DR

 

L’armateur suédois de pétroliers s’est associé au consortium Oil and Gas Climate Initiative (OGCI) en vue de réaliser une étude de faisabilité sur le captage du carbone à bord des navires en mer.

Le projet est ambitieux : il vise à contribuer à la R&D de solutions permettant au transport maritime d’atteindre son objectif de réduction de ses émissions de CO2 à horizon 2050 suivant les prescriptions de l’OMI. Il complétera les travaux menés avec le géant pétrolier saoudien Aramco, membre de l'OGCI, sur la démonstration de la capture de CO2 à bord des poids lourds.

« Le captage du carbone jouera un rôle important dans la réduction des émissions globales de gaz à effet de serre, mais il n'y a aucune raison de le limiter aux applications stationnaires. L'extension au transport maritime à longue distance pourrait contribuer à accélérer son utilisation, tout en s'attaquant à un segment des transports où il est plus difficile à réduire », explique Michael Traver, responsable du domaine de travail Transport de l'OGCI.

Erik Hånell, président et directeur général de Stena Bulk, estime que l'étude va lui apporter des éléments permettant de comprendre et d'évaluer les défis techniques et économiques liés à la mise en œuvre du captage du carbone à bord des navires.

“K” Line va déployer à bord un démonstrateur de captage de CO2

Des freins techniques et économiques

Financé par l'OGCI, le projet s’inscrit dans les pas de celui de “K”Line qui doit tester la technologie à bord d'un navire en partenarait avec Mitsubishi Shipbuilding et ClassNK. La compagnie maritime japonaise va installer un petit demonstrateur de de captage de CO2 à bord du Corona Utility, un minéralier exploité pour Tohoku Electric Power.

D'ici la fin 2021, les partenaires du projet devraient commencer à exploiter l'installation à bord du navire et à mesurer les performances du système dans des conditions marines. L’expérimentation vise à éprouver l'efficacité et la sécurité des infrastructures de captage de CO2 en mer.

Pour l’heure, la principale limite à son développement dans le transport maritime est d'ordre financier. Le retour sur investissement est estimé à environ 20 ans, soit la durée de vie d'un navire. L’autre frein est technique : il tient à la taille et au poids de l’équipement, des critères qui influent sur la capacité de charge et la navigation du navire.

La rédaction