L'impact sur les taux de fret est plus marqué sur les routes commerciales vers les régions en développement où les consommateurs et les entreprises peuvent le moins se le permettre, indique la Cnuced dans sa dernière publication. 

Pourquoi les taux de fret sont-ils si élevés entre la chine, l’Amérique du Sud et l’Afrique ? s’interroge la Cnuced dans une note d’orientation portant sur les raisons qui ont conduit à la flambée des tarifs de transport pendant la pandémie. « Actuellement, les taux vers l'Amérique du Sud et l'Afrique de l'Ouest sont plus élevés que vers toute autre grande région. Début 2021, par exemple, les taux de fret de la Chine vers l'Amérique du Sud ont bondi 443 %, contre 63 % sur la route entre l'Asie et la côte est de l'Amérique du Nord », pose la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, organe subsidiaire de l'Assemblée générale des Nations unies.

« Les itinéraires de la Chine vers les pays d'Amérique du Sud et d'Afrique sont souvent plus longs. Il faut davantage de navires pour assurer un service hebdomadaire sur ces routes, ce qui signifie que de nombreux conteneurs sont également bloqués sur ces routes », répond le document. « Lorsque les conteneurs vides sont rares, un importateur brésilien ou nigérian doit payer non seulement le transport du conteneur d'importation plein mais aussi le coût de stockage du conteneur vide ». 

Remédier aux pénuries à l’avenir

La Cnuced pointe aussi du doigt le manque de fret de retour dans la mesure où les pays d'Amérique du Sud et d'Afrique de l'Ouest importent plus de produits manufacturés qu'ils n'en exportent. Il est donc coûteux pour les transporteurs de renvoyer les boîtes vides en Chine sur les longs trajets, ajoute l’organisation, qui pose un certain nombre de conditions pour réduire « la probabilité d'une situation similaire à l'avenir ».

L’organisme onusien propose trois pistes, à commencer par la mise en œuvre des réformes visant à rendre le commerce plus facile et moins coûteux, « dont beaucoup sont inscrites dans l'Accord sur la facilitation des échanges de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ».

Elle recommande ensuite aux décideurs politiques de promouvoir la transparence en matière de suivi des escales et des horaires des navires. Enfin, « les gouvernements doivent veiller à ce que les autorités chargées de la concurrence disposent des ressources et de l'expertise nécessaires pour enquêter sur les pratiques potentiellement abusives dans le transport maritime. Bien que la nature perturbatrice de la pandémie soit au cœur de la pénurie de conteneurs, certaines stratégies des transporteurs peuvent avoir retardé le repositionnement des conteneurs au début de la crise. »

La rédaction