L'offre mondiale de fuel, utilisé par les navires, devrait augmenter au troisième trimestre, ce qui devrait déprimer le marché des combustibles marins car la demande de transport maritime reste faible, selon des analystes.

Selon Reuters, citant des sources commerciales et des analystes, l'offre du troisième trimestre devrait augmenter de 620 000 barils par jour (bp/j) par rapport au deuxième trimestre, car la Chine et le Brésil vont augmenter leur production.

Cette hausse survient alors que les stocks des principaux centres de ravitaillement maritime ont récemment atteint des sommets historiques, déprimant les prix des combustibles de soute et les marges des raffineurs et anéantissant les espoirs d'une année rentable pour les négociants de carburants conformes aux nouvelles réglementations sur les émissions de soufre établies par l'Organisation maritime internationale. « Nous avions 9 à 10 Mt de stock au début de l'année qui étaient supposées être soutés au deuxième trimestre, mais nous en voyons maintenant 13 Mt, avec un effet cumul chaque mois » a déclaré un négociant en fuel cité par Reuters.

Le premier hub mondial de soutage, Singapour, aurait atteint son plus haut niveau depuis plus de trois ans. Les approvisionnements records ont fait baisser la remise au comptant du VLSFO (à très faible teneur en soufre) livré à environ 45 $/t, soit un niveau inférieur au prix de référence et ont réduit les bénéfices des raffineurs asiatiques de près de 80 % par rapport à leur niveau record du début de l'année, pour atteindre 10,25 $ le baril, indique Reuters.

Conteneurs : toujours plus de départs annulés

Une demande plus faible et une offre en augmentation se conjugue souvent très mal avec marges et bénéfices. Et les perspectives de la demande pour le marché des combustibles de soute reste extrêmement faibles, annoncent les spécialistes, « peu probable avant la fin de l’été », avancent certains, au regard du nombre de blank sailing, passé de 13 dans la semaine du 17 mai à 82 dans la semaine du 28 juin.

De même, le nombre d'affrètements de pétroliers au comptant a chuté de 7 % au cours du premier semestre 2020 par rapport aux niveaux d'il y a un an, selon le courtier Poten & Partners dans sa dernière note hebdomadaire. Le Fonds monétaire international (FMI) a également revu ses prévisions sur la profondeur de la récession mondiale, les impacts seraient à la fois plus importants et plus durables qu’estimés au départ.

La rédaction