Alors que la ville de Lyssytchansk est tombée et que Sloviansk et Kramatorsk, deux villes majeures de la région de Donetsk, semblent désormais ciblées, un navire a pu quitter le port de Marioupol après quatre mois de blocages. À Lugano, en Suisse, s’ouvre pour deux jours une conférence sur la reconstruction de l’Ukraine.

L’Azov Concord, bloqué à Marioupol depuis le 21 février, a été autorisé à quitter le port occupé de l'Ukraine, a indiqué Eurogal, l’agent du Lloyd's, basé à Odessa et couvrant la Russie, l’Ukraine, la Moldavie et plusieurs pays d’Asie centrale. 

Le port ukrainien est symbolique de la forte résistance ukrainienne. La ville portuaire et industrielle de l'oblast de Donetsk a été pilonnée, encerclée et assiégée pendant près de trois mois avant de tomber face aux attaques de l’agresseur. Les forces russes ont fini par prendre le contrôle total de la zone le 21 avril alors que plus de 2 400 combattants ukrainiens s’étaient réfugiés au sein de l'aciérie d'Azovstal. La prise du port de la mer Noire, deuxième du pays après celui d'Odessa, a permis à Moscou de réaliser la jonction entre la Russie continentale et le territoire séparatiste pro-russe et la Crimée annexée.

Cinq navires battant pavillon étranger à quai

Le 1er juin, irritant un peu plus l'Ukraine, un navire chargé de 2 500 t de tôles laminées à chaud a quitté le port de Marioupol à destination de la ville russe de Rostov. Un événement mis en scène par les autorités russes, qui en ont fait le marqueur de la réouverture du port. 

Le départ du navire de marchandises diverses, battant pavillon maltais, immatriculé dans les îles Marshall, est la résultante des négociations entre la Turquie et la Russie, qui pourraient aboutir à la création d'un couloir sécurisé pour l'exportation de céréales ukrainiennes. Si un accord est trouvé, la mise en oeuvre de ce couloir devra au préalable procéder au déminage de la mer Noire, estime Eurogal. Selon les données d'identification automatique (AIS), l’Azov Concord était à Novorossiysk le 25 juin. Il a repris la mer le 26 juin et doit arriver à Zonguldak, en Turquie.

Eurogal indique que cinq navires battant pavillon étranger sont toujours bloqués à Mariupol : les Blue Star 1, Azburg, Lady Augusta, Tzarevna et Smart.

Un guerre qui a déjà coûté 4,3 Md$ à l’Ukraine

Les ports de Syrie et de Turquie ont reçu des chargements de céréales ukrainiennes, acheminés par une dizaine de vraquiers et handysize battant pavillon russe et syrien. Le gouvernement ukrainien a estimé qu'au moins 400 000 t de céréales ont été pillées par les envahisseurs.

Sur la base des données d’Eurogal, neuf navires marchands ont fait l’objet d’attaques ciblées, dont un a coulé, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ils ont coûté la vie à deux personnes. L’assureur estime que les importantes pertes d'infrastructures de transport dans le pays dépassent à ce jour plus de 4 Md$.

La rédaction

Photo : captation d’une vidéo réalisée par l’AFP