Jusqu’ici réservé à de petites unités de transport de passagers, l’hydrogène est désormais envisagé aussi pour le fret.

Depuis juillet 2019, un bateau électrique utilisant une pile à combustible à hydrogène navigue à Nantes: il s’agit du Jules-Verne II, passeur du réseau de transport public nantais d’une capacité de 25 passagers, naviguant 14 heures par jour sur l’Erdre. À Anvers, un bateau à l’hydrogène remplit une fonction spécifique depuis 2017. Construit par CMB Technologie, filiale de l’armement belge CMB, l’Hydroville n’est pas exploité commercialement mais utilisé pour transporter sur l’Escaut le personnel du groupe. Particularité: l’utilisation de l’hydrogène ne passe pas par une pile à combustible, mais se fait en dual combustion avec le gasoil, pour réduire de 60 % les émissions de CO2. Le passage à l’échelle supérieure est proche, puisque le port d’Anvers a passé commande à CMB d’un remorqueur à hydrogène, qui devrait entrer en service fin 2021.

L’hydrogène va bientôt être utilisé comme énergie dans le transport fluvial de marchandises, mais sous forme de pile à combustible. Si la technologie est éprouvée, notamment dans l’automobile, elle nécessite cependant des dérogations administratives puisque la réglementation ne prévoit pas son usage fluvial. Aux Pays-Bas, la coopérative de bateliers NRPC mettra en service en 2021 une unité électrique utilisant une pile à hydrogène. Le projet est mené en coopération avec le chimiste Nouryon, qui produit de l’hydrogène et est directement intéressé pour ses transports de produits chimiques.

Conteneurs de pièces automobiles

Deux projets sont aussi en cours de développement en France. D’une part, celui de L’Équipage, société qui a lancé en octobre dernier les études d’Hybarge, un automoteur de petit gabarit pour du transport de marchandises sur le canal du Midi. D’autre part celui de la CFT (groupe Sogestran), qui va construire un pousseur à hydrogène pour le bassin du Rhône. Mis en service en 2021, il naviguera à Lyon et sa pile à combustible sera approvisionnée en bouteilles d’hydrogène par la Compagnie nationale du Rhône, qui le produira à partir de l’électricité fournie par les barrages situés sur le fleuve.

À plus long terme, un autre projet est dans les cartons de CEA Tech: il s’agit là aussi d’un petit automoteur à conduite autonome destiné au transport de conteneurs de pièces automobiles sur les canaux de l’Est de la France.

Etienne Berrier