L'OMI remet à plus tard la décision sur la création d'un fonds de 5 Md$

Huit grandes associations internationales avaient profité de la séquence ouverte à l’OMI sur la décarbonation du transport maritime pour réactiver leur proposition de création d’un fonds de R&D en vue d’accélérer le développement de technologies et carburants alternatifs. Les États-membres n’ont pas complètement fermé la porte mais de nombreuses questions se posent.

Les émissions carbone baissent mais pas dans tous les secteurs

Dans un rapport paru le 18 novembre, Climate Transparency observe une première baisse des émissions carbone du G20 dans le secteur de l’énergie en 2019. Mais d’autres secteurs, à l’instar des transports, voient leurs émissions encore augmenter. En août, l’OMI avait rendu publique une quatrième étude sur les émissions des gaz à effet de serre du transport maritime et sa réalité entre 2012 et 2018.

ICS : La décarbonation du transport maritime représente « un iceberg financier » 

Dans un rapport intitulé « Catalysing the fourth propulsion revolution », la Chambre internationale de la marine marchande prévient que, sans un investissement massif en R&D, il ne sera pas possible d’atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre fixés par l'Organisation maritime internationale. Plus original, son analyse étudie, pour trois carburants de substitution, la production qui serait nécessaire pour satisfaire le seul secteur du transport maritime. En publiant ce rapport, l’ICS est aussi dans le calcul politique.

Les majors pétrolières abattent leur carte verte

Alors que se profile un rendez-vous clef à l'Organisation maritime internationale sur sur le plan d’actions pour tendre vers un horizon neutre en carbone, les trois majors européennes Shell, Total et BP se pressent sur l'autel médiatique pour poser des jalons sur ce qu’elles considèrent comme les carburants de la prochaine génération.

Ces quelques sujets environnementaux qui appellent la vigilance des armateurs

Focalisées sur les premières réglementations destinées à soutenir les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de l'OMI, les compagnies de transport maritime pourraient passer à côté d’autres obstacles réglementaires à échéance plus proche. Dans une nouvelle publication, DNV GL pointe les « endroits » où le transport maritime peut s'attendre à être touché par de nouvelles exigences. Des normes locales plus strictes et une complexité accrue, promet la société de classification.

Volet maritime du plan de relance : 650 M€ annoncés

Au-delà des mesures applicables à l’ensemble des entreprises, comme la baisse des impôts de production à hauteur de 10 Md€ par an, deux volets du plan de relance sont présentées comme exclusivement maritimes et pilotés par le ministère de la Mer. Transformation durable des ports et modèle de pêche et d’aquaculture durable au programme.

Décarbonation : La surenchère dans les carburants

Hydrogène, ammoniac, méthanol, biocarburants, GNL… Alors que le transport maritime est sommé d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, les études sur les carburants alternatifs les plus pertinents se multiplient. Shell et Deloitte ont sondé 82 cadres supérieurs du secteur du transport maritime de 22 pays. Ils font part des nombreuses difficultés techniques auxquels ils doivent faire face.

Cette étude que les armateurs français devraient lire

L’étude que viennent de publier des chercheurs de l’Université de Manchester a le potentiel pour réactiver les débats à l’OMI sur la stratégie que le transport maritime doit adopter pour atteindre ses objectifs de décarbonation. Les climatologues valident scientifiquement la pertinence de la limitation de vitesse, la seule qui permettrait de ne pas louper le rendez-vous de 2050. Et ce faisant, donne un coup de griffe à la politique de l’OMI, qui en se polarisant sur les navires neufs ne permettra pas de répondre aux injonctions de l’Accord de Paris sur le climat.